Frontex : un exécuteur des basses œuvres01/04/20262026Journal/medias/journalarticle/images/2026/04/P7-3_Frontex_OK_Lupo-2.jpg.420x236_q85_box-0%2C82%2C800%2C532_crop_detail.jpg

Leur société

Frontex : un exécuteur des basses œuvres

Deux ans après le dépôt d’une plainte de l’association d’aide aux réfugiés Utopia 56 et de la Ligue des droits de l’homme contre l’ex- patron de Frontex, Fabrice Leggeri, une enquête pour complicité de crimes contre l’humanité va être ouverte, visant celui qui, entretemps, est devenu eurodéputé du Rassemblement national.

Illustration - un exécuteur des basses œuvres

La mission de l’agence Frontex consiste à surveiller les frontières de l’espace Schengen et de l’Union européenne. Fabrice Legerri en a été le directeur de 2015 jusqu’à sa démission en 2022, suite aux accusations d’exactions contre des réfugiés parvenus en Grèce ou à proximité de ses côtes et refoulés brutalement, et illégalement, en Turquie. Les associations dénoncent aussi le refoulement d’embarcations vers la Libye, où les réfugiés sont parqués dans des camps, réduits en esclavage, torturés et violés.

Leggeri a indiscutablement incarné la montée en puissance de Frontex, dont le budget est passé de 100 millions d’euros en 2014 à plus d’un milliard aujourd’hui pour recruter une armée de gardes-frontières et de gardes- côtes, l’équiper d’un arsenal toujours plus complexe. L’objectif n’a jamais été de porter assistance aux réfugiés, mais de mettre un maximum d’obstacles sur leur route. Rien qu’en Méditerranée centrale, l’Organisation mondiale pour les migrations estime à plus de 40 000 le nombre de morts depuis 2014.

La présence de Leggeri en 3e position sur la liste Rassemblement national aux élections européennes de 2024 laisse deviner qu’il était l’homme de la situation pour accomplir la sale besogne. Mais il l’a fait en haut fonctionnaire d’État au parcours ordinaire, avec un début de carrière en préfecture, l’intégration au ministère de l’Intérieur sous Chirac en 1996, puis la nomination à la direction de Frontex par Hollande en 2015 et sa confirmation au poste par Macron en 2017.

Aucun juge n’est encore nommé, et rien ne garantit que Leggeri sera conduit devant un tribunal. En Méditerranée, dans la Manche ou l’Atlantique, des réfugiés continuent de mourir ou de subir les violences de Frontex, car les dirigeants de l’Union européenne, dont la France, continuent leur guerre aux réfugiés. Ils devraient tous être jugés pour leurs crimes.

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