- Accueil
- Lutte ouvrière n°3009
- Fraude sociale et fiscale : qui vole un bœuf sera acquitté !
Leur société
Fraude sociale et fiscale : qui vole un bœuf sera acquitté !
Alors qu’une loi dite « sur les fraudes sociales et fiscales » est discutée à l’Assemblée nationale, le 27 février dernier, 30 députés sur les 49 présents ce soir-là ont voté un amendement qui permettrait de suspendre les allocations chômage pour un travailleur sans emploi soupçonné de fraude.
Cette idée contrevient complètement au principe affiché par la justice qui veut qu’on soit considéré comme innocent tant que la preuve de sa culpabilité n’est pas faite. Aux yeux de ces députés du RN, des LR et macronistes réunis, les travailleurs n’ont pas à avoir les mêmes droits que les citoyens.
Ce n’est pas un hasard, si bien des lois et mesures prises ces derniers temps sont dirigées directement contre les travailleurs et contre les pauvres. Dans ce contexte de crise économique qui s’amplifie, de guerre qui se généralise, il est dans l’intérêt de la bourgeoisie et du patronat de faire pression sur les exploités pour les faire taire. S’en prendre une nouvelle fois aux chômeurs a en plus l’avantage à leurs yeux de semer la division dans le monde du travail.
Mais les députés ne se sont pas arrêtés à ce seul méfait. Lundi 30 mars, un amendement du RN, voté avec les voix des députés de droite, vise à augmenter significativement les amendes en cas de fraude ou de mauvaise déclaration de la part d’un travailleur sur sa situation d’emploi.
Les mêmes députés qui ont eu la main lourde contre les travailleurs privés d’emploi, ont par contre refusé de voter les mesures qui avaient pour but de lutter contre la fraude fiscale. Dès qu’il s’agit de s’en prendre aux riches, les choses sont moins faciles !
Pourtant les véritables fraudeurs sont bien plus fréquemment dans les quartiers chics que dans les HLM. La fraude dite sociale est estimée à environ dix milliards d’euros. La moitié de cette somme est due aux patrons qui ne déclarent pas des travailleurs. La fraude fiscale des plus riches coûterait, elle, entre 80 et 100 milliards.
Malgré les chiffres qui attestent de ce scandale, la campagne continue contre les chômeurs, contre les allocataires du RSA et d’autres prestations sociales, soupçonnés de frauder systématiquement. Car l’objectif principal est précisément de faire diversion et de faire oublier le pillage des finances publiques auxquels se livrent les classes riches.