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- Lutte ouvrière n°3009
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Leur société
Fin de la trêve hivernale : un toit, c’est toujours pas un droit
En 2025, 30 500 ménages ont été expulsés, un record en hausse de 27 % sur un an. En dix ans, le chiffre a doublé.
Quoi d’étonnant, alors que le chômage, les bas salaires, l’inflation et des loyers astronomiques se conjuguent pour jeter bien des familles dans une situation intenable .
Selon Bernard Thoreau, un militant de la Confédération nationale du logement, ces dernières années, de plus en plus de retraités, mais aussi de personnes seules avec des enfants de deux ans, trois ans, cinq ans, se retrouvent sous la menace d’être expulsés de leur logement. « On a également maintenant des personnes pour qui, pour des raisons diverses, la préfecture n’a pas renouvelé le titre de séjour. Et comme elle met beaucoup de temps, ça peut durer un an, deux ans, et donc d’un seul coup la personne se retrouve hors droit. Elle travaille normalement, mais elle est hors droit, donc elle n’a plus d’APL, elle n’a plus de RSA éventuellement, et elle n’a plus de droits sociaux. »
L’association Droit au logement dénonce de son côté le manque de logements dont le loyer serait accessible pour les budgets des classes populaires, le non-respect des quotas de logements sociaux dans certaines villes, ainsi que les lois toujours plus dures avec les plus précaires, comme la loi Kasbarian-Berger de 2023, qui facilite pour les propriétaires les démarches d’expulsion en cas de loyer impayé.
Ces situations ne gênent pas le gouvernement qui a osé annoncer qu’il veut « faciliter l’entrée dans un logement, mais aussi la sortie ». Non seulement, l’État ne construit pas les logements nécessaires, mais en plus il permet aux propriétaires, à commencer par les plus gros, d’imposer encore plus leur loi. Pour lui, tant pis pour ceux qui finissent à la rue.