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- Lutte ouvrière n°2999
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Leur société
Fermetures, licenciements : un système en faillite
Selon les données des administrateurs judiciaires, un nouveau record du nombre de défaillances d’entreprises a été atteint en 2025.
Alors que ce nombre tournait autour de 55 000 par an dans la période avant Covid, il est de 68 000 l’an passé, en hausse pour la troisième année consécutive. Selon une mandataire judiciaire citée par le journal Les Échos, l’effet post-Covid, mis en avant jusque- là par le gouvernement pour expliquer ces défaillances, est terminé. Et leur rythme actuel est même supérieur à celui des années qui ont suivi la crise financière de 2009. Les régions en tête de ces faillites sont l’Île-de-France, l’Auvergne-Rhône-Alpes et la Nouvelle-Aquitaine, mais toutes sont concernées.
Cette économie capitaliste en crise est cause de misère, de chômage, de baisse de la consommation populaire, dans une boucle dépressive. Ainsi, le recul du pouvoir d’achat des classes populaires a comme conséquence la hausse spectaculaire des faillites dans des domaines comme la restauration et l’hébergement. Dans l’industrie, l’hémorragie s’aggrave. Selon Trendeo, un cabinet d’analyse économique, « On assiste à une forte dégradation sur ce deuxième semestre, avec une accélération sur les fermetures de sites […] Et à la différence de l’an dernier, qui concernait surtout des filiales de grands groupes, c’est surtout le tissu de sous-traitance qui est touché. »
Rien que depuis septembre dernier, 165 sites industriels sont menacés de fermeture, contre 120 à la même période de l’an dernier, sans compter les ruptures conventionnelles collectives. La CGT, qui tient à partir des informations de ses militants une carte actualisée, a enregistré 483 plans de suppressions d’emplois de septembre 2023 à décembre 2025, dont 364 sont sur des sites à caractère industriel. Soit plus de 107 000 emplois menacés ou supprimés, dont 46 000 pour la seule industrie.
La loi du profit pousse des grands groupes richissimes à se débarrasser d’une usine dès qu’ils jugent la rentabilité de leurs capitaux insuffisante. C’est alors un cataclysme pour l’économie locale, déclenchant des faillites en cascades, l’explosion du chômage, des fermetures de commerces et de services publics jugés non rentables dans la période qui suit. Des cités populaires, autrefois grouillantes de vie, sont alors désertées par le départ de nombreuses familles ouvrières contraintes d’aller vivre et travailler ailleurs.
Le capitalisme n’a pas besoin de cyclone ou d’ouragan pour saccager une ville ou une région : son fonctionnement normal lui suffit.