- Accueil
- Lutte ouvrière n°3009
- Éducation : contre les suppressions de postes
Leur société
Éducation : contre les suppressions de postes
Le 31 mars, la majorité des syndicats enseignants appelaient à une journée de grève contre les suppressions de postes, et pour exiger une revalorisation des salaires. Des manifestations ont été organisées dans de nombreuses villes.

En effet, le gouvernement a annoncé la suppression de 4 000 postes d’enseignants pour la rentrée 2026, dont près de la moitié, 1 891, dans l’enseignement primaire. L’académie de Lille est la plus touchée, avec 245 suppressions dans le primaire et 167 dans le secondaire.
Dans les écoles, ces suppressions de postes se traduisent par des fermetures de classes dès que le nombre d’élèves descend au-dessous d’un seuil défini par les rectorats, selon des critères qui n’ont rien à voir avec les besoins des élèves. À Paris, durant les trois dernières années, près de 400 postes ont été supprimés et 500 classes fermées. En milieu rural, ces suppressions peuvent aboutir à la fermeture de l’école.
Les enseignants remplaçants manquent partout dans le premier degré – chaque jour, à Paris, 200 classes seraient ainsi sans remplaçant – comme dans le secondaire. Dans les collèges et les lycées, il faudrait également bien davantage de conseillers principaux d’éducation (CPE), alors que le ministère de l’Éducation nationale n’a prévu aucune création de postes. Il manque également des surveillants, des infirmières, des assistantes sociales, des médecins, tous ces travailleurs qui permettent aux établissements de bien fonctionner, et aux jeunes d’avoir des adultes à qui s’adresser, en plus de leurs enseignants.
Le gouvernement justifie ces suppressions de postes par une baisse démographique que le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a même qualifiée de « vertigineuse ». Cette baisse démographique est un argument à géométrie variable, car, à l’inverse, la hausse démographique ne donne jamais lieu à l’embauche de personnel en nombre suffisant. Surtout, il s’agit d’une moyenne. Dans bien des quartiers, dans bien des communes, malgré cette prétendue baisse, les classes sont surchargées.
Le seul objectif devrait être de donner les moyens aux jeunes d’apprendre dans de bonnes conditions, et d’avoir accès à la culture. Il ne faut pas s’attendre à ce que le gouvernement, à l’affût de la moindre économie, prenne cela en considération. Tous les enseignants qui se mettent en grève, et tous les parents qui occupent l’école de leurs enfants pour empêcher une fermeture de classe, l’ont très bien compris.