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Dans le monde
Droit international : une fiction
Emmanuel Macron n’a émis que de timides réserves à l’enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro, et l’a fait au nom du « droit international ».
Ce prétendu droit n’a jamais empêché que s’exerce la loi du plus fort, la seule qui règne en régime capitaliste, et dont la France a elle-même usé et abusé.
Ces principes d’un prétendu droit international ont été couchés dans la charte des Nations unies après la Deuxième guerre mondiale, la pire boucherie que l’humanité ait connue. À en croire les puissances victorieuses, la violence ne devait plus régner dans les relations internationales. L’encre n’était pas encore sèche que les signataires massacraient à qui mieux mieux pour empêcher les peuples de leurs anciennes colonies de prendre leur indépendance. La France se livra ainsi aux pires exactions en Indochine, avant que l’impérialisme américain ne prenne le relais. Ce fut ensuite en Algérie que l’armée française exécuta et tortura sans vergogne les habitants, faisant régner la terreur et laissant derrière elle un pays dévasté.
Les dirigeants français ne furent pas les derniers à utiliser vis-à-vis de tous ceux qui pouvaient entraver leur politique des méthodes auxquelles l’enlèvement de Maduro n’a rien à envier. Au Cameroun, au Togo, ils firent purement et simplement assassiner les responsables politiques qui auraient pu prendre la tête de ces pays. En octobre 1956, ils détournèrent un avion à bord duquel se trouvaient cinq dirigeants du FLN algérien, pour les faire prisonniers. En septembre 1995 ils envoyèrent le mercenaire Bob Denard aux Comores pour renverser le président Saïd Mohamed Djohar et l’exiler à La Réunion.
Même des « amis de la France » subirent le même sort à partir du moment où ils n’étaient plus en cour à Paris. Ainsi, le 20 septembre 1979 à Bangui, en République centrafricaine, un avion militaire débarquait un régiment de parachutistes avec pour mission de renverser le président en titre, l’empereur Bokassa. Pour que l’affaire ne traîne pas, ils étaient accompagnés de son remplaçant, David Dacko, et furent accueillis sur le tarmac par le chef du protocole. Si l’épisode peut aujourd’hui sembler rocambolesque, il y en eut d’autres infiniment plus sanglants. Ce fut le cas lors de la guerre du Biafra en 1967-1970. Paris soutint par tous les moyens la tentative de sécession de cette région pétrolière du Nigeria qui se solda par une guerre faisant plus d’un million de morts.
Les beaux principes du droit international invoqués à tout bout de champ n’ont jamais empêché les dirigeants de l’impérialisme français, exactement comme les autres, d’user de la violence la plus extrême quand ils estimaient que leurs intérêts étaient en jeu.