Disney : une machine à cash… sans magie01/04/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/04/une_3009-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1262%2C1644_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Disney : une machine à cash… sans magie

Vendredi 27 mars, Emmanuel Macron s’est rendu à Disneyland Paris quelques jours avant l’ouverture au public d’une extension de son parc.

Lors de sa rencontre avec le PDG de Walt Disney Compagny, Macron a exprimé sa « reconnaissance pour le groupe, lentreprise, (…), pour l’ensemble des élus du territoire et pour les services de lÉtat ». Il a ajouté : « Cest à travers ce partenariat quon assure en effet acquérir du foncier, accompagner, bâtir les logements pour les collaboratrices, les collaborateurs, réussir aussi à construire les aménagements et puis, vous, investir. ».

C’est bien plutôt le PDG qui devrait être reconnaissant tant les conditions du partenariat public- privé conclu en 1987 ont été profitables pour les actionnaires. La convention passée assurait une offre privilégiée à Disney sur 2 000 hectares. Une surface tellement importante que la société a revendu des terrains en faisant 100 à 200 millions de plus-value, opération dénoncée par la Cour des comptes. Les agriculteurs expropriés ont reçu une indemnisation de l’État représentant dix fois la valeur de leurs terres. L’État et les collectivités locales ont pris en charge la construction de nombreuses infrastructures, les stations du RER A à destination du parc, la gare TGV, les routes, les constructions et services pour les touristes...

Les deux derniers milliards d’investissement réalisés par Disney ont été annoncés en 2018 dans le cadre de Choose France, le sommet organisé à l’Élysée pour réunir des entreprises étrangères susceptibles d’investir en France. En assistant à l’inauguration des nouvelles installations, Macron cherche à s’attribuer en partie le mérite d’avoir réussi à convaincre Disney de développer ses activités.

Sur les réseaux sociaux, il y a eu de jolies photos. Mais, du point de vue des salariés, la magie n’était pas au rendez-vous. Les embauchés pour les boutiques de la nouvelle zone n’arriveront que le 3 avril et devront être formés à ce moment-là. À l’atelier couture, les équipes vont être amenées à commencer plus tôt le matin, avant 6 heures, sans possibilité réelle de venir en transport.

Dans les localités à proximité du parc, les prix et les loyers sont particulièrement élevés. Les salaires ne permettent pas une vie de rêve, et encore moins les plannings flexibles, le manque d’effectifs ou les équipements pas toujours adaptés. Et puis certains des travailleurs sont en fait embauchés par d’autres sociétés, avec des contrats plus ou moins précaires.

Côté clients, il vaut mieux avoir le porte-monnaie bien rempli car chez Disney, tout se paye, même la possibilité de ne pas faire la queue, et tous les à-côtés, produits dérivés, boissons, repas, hôtels ont vu leur prix augmenter au plus grand bonheur de Disney.

Les bénéfices sont au rendez-vous, et il n’y a aucune recette magique, seulement les vieilles méthodes éculées du capitalisme.

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