Cour des comptes : qui contrôle les contrôleurs ?11/02/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/02/une_3002-c.jpg.445x577_q85_box-13%2C0%2C1284%2C1646_crop_detail.jpg

Leur société

Cour des comptes : qui contrôle les contrôleurs ?

Macron devait nommer, le 11 février, une de ses fidèles, Amélie de Montchalin, jusque-là ministre des Comptes publics, à la présidence de la Cour des comptes.

Alors que son règne et donc la faculté d’offrir des prébendes à ses amis, s’arrêtera l’an prochain, le président assure ainsi à sa ministre de quarante ans un poste qu’elle pourrait conserver jusqu’à ses 68 ans. Le président de la Cour des comptes est en effet inamovible et ne quitte sa fonction que par choix ou atteint par la limite d’âge.

Au-delà de l’effet recasage, tous les responsables politiques non- macronistes soulignent qu’Amélie de Montchalin aura pour tâche de contrôler l’application d’un budget qu’elle a elle-même mis en place et, en quelque sorte, de corriger elle-même sa propre copie. Mais l’autocontrôle, c’est-à-dire en fait l’absence de contrôle, est en fait la règle, tant pour l’État que pour les grandes entreprises.

Chaque président de la Cour des comptes, soigneusement choisi parmi les serviteurs de l’État ayant fait leurs preuves, et quel qu’ait été son passé politique, a toujours jugé que l’État dépensait trop pour les pauvres et pas assez pour les « entreprises ». Ainsi, la Cour n’a pas été capable de savoir à qui, sous quel prétexte et comment sont versés les 270 milliards de subventions publiques accordées chaque année aux grandes entreprises privées. Elle est, en revanche, parfaitement à même de prouver que les travailleurs se soignent trop et tombent trop souvent malades.

Quant au scandale de la présidente de Montchalin chargée de contrôler les comptes de la ministre Amélie, il est de même nature que Nestlé contrôlant lui-même la qualité de son lait infantile et de ses eaux minérales, des usines classées Seveso garantissant elle-même la sécurité de leurs installations, des fonctionnaires de police jugés par leurs supérieurs hiérarchiques, des tribunaux militaires interdisant les regards civils, ou du ministère des Finances déversant l’argent public dans les caisses privées sans que quiconque puisse fermer le robinet. Ni le grand patronat, ni l’État à son service ne veulent vraiment que la population ait connaissance de leurs affaires.

On peut donc être certain qu’Amélie de Montchalin a toutes les qualités pour exercer la fonction qu’on lui offre et saura cacher la poussière sous d’épais tapis de rapports.

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