Côté patronal : toutes les larmes de leur corps21/01/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/01/une_2999-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1262%2C1644_crop_detail.jpg

Leur société

Côté patronal : toutes les larmes de leur corps

Dans les interminables tractations parlementaires avec les oppositions, le Premier ministre a fini par renoncer provisoirement à la suppression programmée de la surtaxe sur les profits des grandes entreprises, et à la baisse d’un impôt, la CVAE.

Alors, à entendre les patrons, le budget de l’État serait la corde qui les étrangle.

Les représentants du patronat ont poussé les hauts cris, à longueur d’interviews dans différents médias. Leurs impôts ne baissent pas, quel scandale ! Pour ces gens qui sont biberonnés aux aides de toutes sortes – il en existe tellement que les parlementaires qui se sont penchés sur la question en juillet 2025 ont renoncé à en faire la liste exhaustive –, il ne suffit pas que l’État maintienne le statu quo : il leur faut sans cesse plus d’aides directes, d’exonérations d’impôts, etc.

Le président du Medef, Patrick Martin, se plaint dans le journal de Bernard Arnault Les Echos qu’on attaque la compétitivité des entreprises françaises, qu’on ne peut plus croire en la parole de l’État, qui avait promis de supprimer ces charges insupportables. Et d’affirmer, contre toute évidence, que la prospérité des grandes entreprises « ruisselle » sur la société. Pourtant celles-ci n’ont jamais fait autant de profits, tandis que la situation des travailleurs qui les fabriquent ne cesse de se dégrader. D’ailleurs, ces mêmes patrons sont scandalisés par la hausse de la prime d’activité que touchent certains travailleurs, alors qu’elle n’est justifiée que par la faiblesse des salaires qu’eux-mêmes versent à leurs employés.

Comme toujours, les patrons menacent d’une apocalypse économique si la France n’était plus assez rentable pour eux : ils seraient obligés de licencier et n’auraient plus d’autre choix que de partir investir à l’étranger. On continuera donc sans doute à les entendre pleurer, gémir et crier à l’assassinat, même si leurs comptes en banque ne racontent pas la même histoire.

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