Des conséquences économiques catastrophiques01/04/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/04/une_3009-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1262%2C1644_crop_detail.jpg

Dans le monde

Des conséquences économiques catastrophiques

Si, en France, le blocage du détroit d’Ormuz a eu pour conséquence une forte augmentation des prix des hydrocarbures, dans de très nombreux pays, notamment en Asie, c’est déjà la pénurie et le rationnement qui se mettent en place.

En Thaïlande, dans certains ports, les bateaux des pêcheurs ne sortent plus et c’est un cercle vicieux qui s’enclenche, raconte une femme interviewée à la télévision : la rareté du poisson le rend plus cher et il ne se vend pas parce que le pouvoir d’achat de la population est laminé par l’inflation. En Inde, les bouteilles de gaz sont rationnées et les petits vendeurs des rues n’en trouvent plus. En Égypte, les centres commerciaux ferment à 21 heures en semaine alors que, dans ce pays, l’activité commerciale se déroule habituellement jusqu’à des heures très tardives. Même en Corée du Sud, les menaces de pénurie de produits dérivés du pétrole, comme le plastique, ont poussé le gouvernement à annoncer l’éventualité d’un « ordre administratif économique d’urgence » qui introduira des restrictions pour la population.

Car les hydrocarbures ne servent pas uniquement de source d’énergie, ils sont à la base d’un nombre considérable de produits : des plastiques aux engrais en passant par une quantité énorme de produits chimiques, comme ceux pour la cosmétique par exemple. Et puis, par le détroit d’Ormuz passaient aussi des exportations importantes d’hélium, produit qui s’avère essentiel pour la fabrication des puces électroniques et dont le Qatar est un des principaux producteurs. Pour l’instant, le géant taïwanais de l’électronique TSMC, fournisseur d’Apple ou Nvidia, a annoncé qu’il avait des stocks pour faire face à la pénurie, mais jusqu’à quand ? Et les prix de l’hélium ont d’ores et déjà augmenté de 40 %.

Les évolutions de la situation économique mondiale et celle de la guerre au Moyen-Orient sont intimement liées. Les prix des hydrocarbures atteignent des sommets parce qu’à la pénurie s’ajoute l’effet démultiplicateur de la spéculation sur le pétrole comme sur ses produits dérivés, notamment les carburants, comme le diesel et l’essence. Et la guerre est en train d’aggraver la crise de l’économie mondiale. En un mois, les grandes Bourses, aux États-Unis, en Europe et au Japon, ont chuté de près de 10 %. L’absence de perspective de résolution du conflit pourrait entraîner des mouvements boursiers bien plus catastrophiques.

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