CGT : à la remorque des partis de gauche21/01/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/01/une_2999-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1262%2C1644_crop_detail.jpg

Leur société

CGT : à la remorque des partis de gauche

La direction de la confédération syndicale CGT a émis le 13 janvier un communiqué à propos des futures élections municipales. Elle y appelle à soutenir les partis de gauche, en oubliant de dénoncer leurs trahisons passées… et futures envers les intérêts des travailleurs.

Les responsables de la CGT voient dans l’union de la gauche le moyen d’améliorer le quotidien de la population dans les communes où elle serait élue et d’élever un rempart à la montée de l’extrême droite. Mais c’est faux.

Les municipalités, y compris de gauche, sont obligées de répercuter les baisses de budget qu’elles subissent sur la population laborieuse et sont impuissantes quand les entreprises ferment ou quand l’État réduit le nombre de constructions de logements. Même avec de bonnes intentions, elles ne peuvent protéger les travailleurs des coups de la classe capitaliste.

À l’échelle nationale, la gauche a démontré que chaque fois qu’elle parvenait au pouvoir, elle menait une politique en faveur des capitalistes et donc contraire aux intérêts du monde du travail. Faire croire que les élections peuvent permettre aux travailleurs d’améliorer leurs conditions de vie entretient une illusion dangereuse car elle masque le fait que les travailleurs ne peuvent compter que sur leurs mobilisations et sur les armes de la lutte de classe pour changer leur sort.

Quant à l’argument du barrage à la montée de l’extrême droite, il prend l’eau depuis longtemps. S’il y a bien une chose qui a favorisé le développement d’illusions sur le FN et le RN dans les milieux populaires, ce sont justement les trahisons répétées de la gauche au pouvoir. Cela a abouti à ce que bien des travailleurs, désemparés par ces trahisons, se tournent vers leurs pires ennemis avec l’idée que ceux-là « on ne les a pas essayés ».

On ne peut pas combattre ces idées en appelant à voter pour des Hollande, des Borne ou autres macronistes, comme on l’a vu en 2024 lors des législatives anticipées. On ne fera reculer l’extrême droite qu’en aidant à la remontée de la combativité et de la conscience ouvrière, et en dénonçant tous les ennemis du monde du travail. C’est- à-dire les capitalistes, qu’ils soient français ou étrangers, mais aussi les gouvernements à leur service. Mettre tout son poids à convaincre que seules les luttes peuvent changer le sort des travailleurs, voilà de la part d’un syndicat, ce qui aiderait à combattre le poison d’extrême droite.

La CGT propose aussi d’exclure les militants qui seraient candidats sur des listes d’extrême droite. Il ne s’agit certes pas de les approuver, mais c’est une façon de renoncer au combat contre ces idées dangereuses, en le remplaçant par des mesures administratives ! Ceux qui s’égarent du côté de leurs propres ennemis ne seront pas convaincus par une exclusion ou une invitation à voter pour d’autres ennemis de la classe ouvrière.

Par ailleurs, le syndicat ne peut pas, ne doit pas interdire à ses membres de s’engager sur le plan politique. Il est d’autant moins autorisé à le faire que lui-même les a, à plusieurs reprises, engagés à soutenir des partis qui une fois au pouvoir ont trahi les intérêts des travailleurs.

Pour que les travailleurs ne choisissent pas des options politiques contraires à leurs intérêts, il serait déjà souhaitable que le syndicat lui-même mène une politique qui y soit pleinement conforme et sache le démontrer.

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