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Leur société
Budget militaire : pour quelques milliards de plus
Mercredi 25 mars, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a fait à l’Assemblée nationale son premier discours sur la guerre au Moyen- Orient.
Il a annoncé 8,5 milliards d’euros supplémentaires pour la fabrication de munitions entre 2026 et 2030 et claironné la nécessité « d’adapter un État conçu pour le temps de paix à un monde qui ne l’est plus tout à fait ».
Lecornu a maintenu le mensonge hypocrite selon lequel l’armée française serait au Moyen-Orient dans une position exclusivement défensive, par respect des accords conclus avec des États du golfe Persique. Pour défendre le Qatar, le Koweit, les Émirats arabes unis, des dizaines de missiles français ont déjà été utilisés pour intercepter des drones ou missiles iraniens. La pénurie menace, paraît-il, et, pour y remédier, il faudrait voter une rallonge de 8,5 milliards d’euros à la loi de programmation militaire lors d’un prochain examen parlementaire annoncé pour mai.
« C’est indispensable, c’est colossal », s’est exclamé Lecornu qui a rappelé aux députés que le budget militaire aura doublé sous les deux quinquennats de Macron. L’argent public englouti pour produire des munitions – missiles, obus et balles d’armes de poing – sera multiplié par quatre par rapport à la précédente loi de programmation militaire. Officiellement, la France n’est en guerre nulle part. Mais des sommes toujours plus gigantesques sont dévorées pour la fabrication d’armes et transformées en profits pour les industriels du secteur. En revanche, pour les écoles, les hôpitaux publics, chaque centime dépensé pèserait mortellement sur le déficit public, serine le même Lecornu. L’engrenage est bien là : chaque conflit justifie toujours plus la militarisation de la production et la nécessité d’imposer des sacrifices à la population.
Ces milliards supplémentaires pour l’armement n’ont soulevé aucune opposition dans les travées de l’Assemblée nationale, pas plus que l’inauguration prochaine annoncée par Lecornu d’une usine produisant des drones intercepteurs dans l’Essonne ou la subvention publique de 300 millions d’euros pour aider des entreprises civiles à passer à des productions d’armements.
Dans sa réplique à Lecornu, Marine Le Pen a montré tout son sens des responsabilités : « La France doit assumer les accords signés avec les pays de la zone et leur venir en aide, dès lors qu’ils sont victimes du conflit entre l’Iran et l’alliance israélo-américaine. » Il fallait une très grosse loupe pour voir la nuance du propos avec ceux de Bastien Lachaud, qui est intervenu pour LFI : « La France doit respecter les accords de défense qui la lient à ses partenaires dans la région. Lorsqu’un allié est attaqué, la parole de notre pays ne saurait manquer. »
Lecornu a pu compter sur le sens des responsabilités de tous les partis qui aspirent à gouverner au service de la bourgeoisie et qui savent, quand il le faut, serrer les rangs pour engager la population dans la guerre.