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- Lutte ouvrière n°2999
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Editorial
Budget, menaces guerrières : il faut en finir avec le capitalisme !

Vu les tensions, les guerres et les massacres qui se multiplient partout sur la planète, le cirque budgétaire était passé au second plan. Mais celui-ci touche à sa fin. Les marchandages sont terminés, et le patron du Parti socialiste se dit prêt à ne pas censurer le gouvernement au prétexte « d’avancées sociales ».
Comment parler d’avancées sociales quand tous les budgets sont rabotés ! Les hôpitaux sont mis au régime sec, et les malades qui ne peuvent pas payer pour aller dans le privé attendront pour se faire soigner. C’est la même cure d’austérité pour l’Éducation nationale, le logement social, l’emploi...
Mais voilà, en échange de son soutien à Lecornu, le PS a obtenu quelques mesures qui masqueront ces nouvelles coupes : la prime d’activité sera augmentée ; les étudiants auront droit à un repas à 1 euro dans les restaurants universitaires ; les APL suivront l’inflation ; 400 millions supplémentaires iront au logement social ; MaPrimeRénov’ sera relancée et l’impôt sur le revenu n’augmentera pas.
Cette liste de mesures prouve surtout une chose : faire vivre décemment sa famille devient de plus en plus difficile pour des millions de femmes et d’hommes parce que les prix ont flambé et que les salaires restent très insuffisants.
Comment joindre les deux bouts quand on est payé autour du smic, 1 400, 1 500 euros net par mois, comme près de trois millions de salariés ? Dans le privé, la moitié des salariés gagnent moins de 2 100 euros par mois. Une somme vite envolée une fois payés le loyer, les crédits, l’électricité, l’eau, les assurances, le téléphone, Internet, la mutuelle et les frais d’une voiture. Et bien d’autres, intérimaires, précaires de toutes sortes, chômeurs, retraités gagnent encore bien moins que ces sommes.
La CGT a recensé 483 plans de suppressions d’emplois sur les 18 derniers mois et plus de 100 000 emplois sont menacés ou supprimés. Des salariés, des employés, des cadres qui ont travaillé 20, 30 ans dans une entreprise se retrouvent licenciés du jour au lendemain. Et contrairement aux actionnaires ou aux propriétaires qui se sont engraissés de leur travail, eux ne touchent pas de rentes à vie !
Au même titre que les agriculteurs, les ouvriers, les auxiliaires de vie, les manutentionnaires, les agents de sécurité peuvent, eux aussi, parler de leurs conditions de travail, de leur lever au cœur de la nuit, des heures passées sur les routes ou entassés dans les transports en commun. Ils peuvent parler des cadences et de leur santé qu’ils ont laissée sur les chaînes de production, sur les chantiers ou dans les entrepôts, des sacrifices de leur vie sociale et familiale qu’ils font en travaillant de nuit, le samedi ou le week-end.
Et ce n’est pas ce saupoudrage de mesures qui changera quoi que soit à ces conditions de vie de plus en plus dures. Il ne permettra même pas aux travailleurs de mettre la tête hors de l’eau.
Alors, parler de victoires ou d’avancées sociales est révoltant. Et c’est surtout dérisoire quand toute la société évolue vers la guerre.
Les capitalistes ne se contentent pas de s’enrichir de façon spectaculaire et d’exploiter les travailleurs. Ils se battent, ouvertement désormais, pour savoir qui mettra la main sur les richesses du Groenland, qui aura accès aux terres fertiles d’Ukraine, qui contrôlera le coltan des mines du Kivu en RDC, qui exploitera le pétrole du Venezuela… Ces rivalités ne peuvent que mal finir si on leur laisse les mains libres.
Le monde entier marche vers un conflit généralisé. Et là encore, comme dans toutes les guerres, ce sont les classes populaires qui fourniront la chair à canon.
Ces reculs et ces menaces ne tombent pas du ciel. Ils sont les conséquences du système capitaliste. Tous les jours, la brutalité et la rapacité décomplexée de Trump nous en rappellent la règle de base : rien ne doit faire obstacle à l’accumulation des milliards entre les mains de la bourgeoisie et des financiers, ni le respect des hommes et de la planète, ni celui de quelconques valeurs morales. Et si des capitalistes ont besoin de faire la guerre pour prendre le dessus dans la concurrence, débloquer des marchés, accéder à telle ou telle matière première, guerre il y aura !
Mais une autre règle régit le capitalisme : c’est que les travailleurs produisent tout. Sans eux, il n’y a pas de création de richesses, pas de création de profits et de capital. Il dépend donc d’eux, de leur conscience et de leur combativité, que la société suive une autre voie.
C’est pourquoi les travailleurs ne doivent ni se résigner ni se taire. Ceux qui refusent l’avenir de sang et de larmes que nos dirigeants nous réservent doivent se rassembler. Les capitalistes sont forts parce qu’ils sont organisés. Les travailleurs doivent en faire autant et construire un parti qui défende vraiment leurs intérêts, un vrai parti communiste et révolutionnaire.