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- Lutte ouvrière n°3009
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Leur société
Baisse des taxes : une piste trompeuse
Avec l’envol des prix des carburants reviennent les revendications de baisses des taxes, reprises par beaucoup de partis, notamment le RN, qui dénonce « l’enrichissement de l’État ». Mais réclamer seulement la baisse ou la suppression de taxes, voire de toutes les taxes, ne peut pas être une revendication suffisante pour les travailleurs.
Sur le prix d’un litre de carburant, presque 60 % revient à l’État. Et il peut sembler tout à fait logique de penser que, d’une part, l’État « s’en met plein les poches » et que, d’autre part, il faut diminuer voire supprimer ces taxes. Il est certain que les taxes sur les carburants, comme toutes celles sur la consommation, comme la TVA, sont particulièrement injustes car elles s’appliquent de la même manière au pauvre et au riche, à celui qui a une vieille guimbarde comme à celui qui a une Ferrari.
Mais, en réalité, l’État ne s’en met pas « plein les poches ». L’argent qu’il récupère, il le reverse, par une infinité de canaux, à la grande bourgeoisie, aux grands groupes industriels et financiers, aux actionnaires de ces grands groupes. Car l’État n’est pas une institution neutre. Il est du côté des puissants. C’est même « leur » État. Toute sa machinerie s’est constituée au fil du temps pour être à leur service.
Le problème n’est donc pas de vouloir supprimer telle ou telle taxe, car même si cela arrivait, l’État trouverait le moyen de compenser sa perte d’une autre façon, toujours fondamentalement en prenant dans les poches de la population, à commencer par la plus pauvre, soit au travers d’autres taxes ou impôts, soit en réduisant les dépenses publiques consacrées à la santé, aux transports ou à l’enseignement. Le problème est donc de faire payer la bourgeoisie.
Face aux hausses de prix, il faut revendiquer l’augmentation générale des salaires et leur indexation sur les prix, sous le contrôle direct des travailleurs. C’est la seule mesure qui, en mettant les profits capitalistes à contribution, permettrait de garantir les conditions de vie des travailleurs et de les protéger de l’inflation.