- Accueil
- Lutte ouvrière n°3009
- Athanor : les barbouzes sont de sortie
Leur société
Athanor : les barbouzes sont de sortie
Le « bureau des légendes » n’a qu’à bien se tenir. Lundi 30 mars commence à Paris le procès de la loge maçonnique Athanor, aux airs de série Netflix, mais qui lève le voile sur des pratiques qui ne sont pas réservées qu’aux narcotrafiquants.
Des agents du renseignement, d’anciens militaires, des chefs d’entreprise, des consultants, et autres notables propres sur eux, sont impliqués dans une petite entreprise chargée d’éliminer les « obstacles » gênants. Un pilote de rallye qui n’avait pas remboursé ses dettes aurait été assassiné en 2018. Un contrat de 70 000 euros aurait été passé pour éliminer une coach d’entreprise qui voulait monter un syndicat afin d’encadrer les pratiques du secteur. Les tueurs avaient été arrêtés avant le meurtre, car un voisin les avait repérés cagoulés et emmitouflés en plein été, en planque devant la maison de leur cible. Il s’agissait de jeunes agents des services secrets français qui pensaient cibler une agente du Mossad. La frontière entre assassinat légal et barbouzerie est parfois très floue.
Ces méthodes ont visé également un syndicaliste CGT d’une entreprise de plasturgie de l’Ain, que sa patronne trouvait « emmerdant », et qui s’est retrouvé lui aussi avec un contrat sur la tête. Nul doute que les petits patrons à la tête de ce business n’ont pas de mots assez durs pour dénoncer la violence des grévistes, des Gilets jaunes, des jeunes des quartiers, bref, des pauvres.