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Assises CGT : nationalisme et collaboration de classe
Le 26 mars, la CGT organisait des assises du Made in France, tout près de l’usine chimique de Vencorex, à Pont-de-Claix près de Grenoble, usine qui a fermé ses portes il y a un an.
Ces assises, auxquelles le ministre de l’Industrie était invité, avaient pour objectif d’interpeller les décideurs publics et autres investisseurs pour « gagner la réindustrialisation » du pays, « au service des besoins et de la transition environnementale ». Comme un symbole de l’impasse de tels événements, la veille même, le tribunal de commerce rejetait le projet Exalia porté par la CGT et quelques investisseurs, douchant les espoirs de ceux qui y croyaient. Ce projet prévoyait de relancer la production de chlore sur le site de Vencorex, mais la justice a préféré l’offre d’un ferrailleur qui démontera le site. Une usine de plus démolie, tout un symbole de ce capitalisme pourrissant qui ferme les usines, qui préfère enrichir les actionnaires et prétend ensuite être victime de la concurrence déloyale d’autres pays, à commencer par la Chine.
Ce n’est pas la première fois que la confédération tient de telles assises, déclinées à tous les échelons du territoire par diverses commissions et tables rondes où siègent représentants syndicaux, pouvoirs publics et patronat. Les dirigeants de la CGT ont beau se vouloir constructifs, se présenter comme « force de propositions » avec ses projets industriels, et accompagner les demandes patronales de subventions publiques, leur rôle de conseillers des grands patrons et de l’État se heurte à une fin de non-recevoir. Tandis que les plans de licenciements et les fermetures d’usines se multiplient en laissant sur le carreau des milliers de travailleurs, le grand patronat et l’État, tout en se prêtant au jeu du « débat entre partenaires », se fichent éperdument des propositions de la CGT.
En se plaçant sur le terrain de la collaboration de classe, et non sur celui de la lutte de classe indispensable pour organiser la riposte des travailleurs face à l’offensive patronale, la direction de la CGT désarme les travailleurs. En prônant le repli à l’intérieur des frontières, en présentant le protectionnisme et le souverainisme comme des moyens de protéger les emplois dans un contexte où la production est mondiale, les chefs de la CGT amplifient la propagande nationaliste d’un Macron. Cette politique empoisonne la conscience des travailleurs et prépare, comme celle du gouvernement, les esprits à la guerre mondiale pour sauver les intérêts de « nos » capitalistes.
À sa naissance, la CGT prônait l’internationalisme et le renversement du capitalisme. Il appartient aujourd’hui à tous les militants préoccupés de l’avenir de leur classe sociale, de renouer avec ce programme qui a fait la force du mouvement ouvrier.