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Leur société
Arrêts maladie : les attaques continuent
Lors d’une réunion sur les finances publiques le 27 mars, Sébastien Lecornu, Premier ministre, a de nouveau pris pour cible les arrêts maladie, dénonçant une « dérive très préoccupante ».
Cela fait des mois que le gouvernement prépare le durcissement des règles, qui devraient entrer en vigueur dans quelques mois. Le premier arrêt ne pourrait pas dépasser un mois, deux mois en cas de prolongation, et les contrôles seraient renforcés. Une baisse des indemnités journalières, en plus des jours de carence, serait même à l’étude.
Le gouvernement lorgne les 11 milliards d’indemnités versés au titre des arrêts maladie, une somme en augmentation constante depuis 2019, notamment du fait du vieillissement des travailleurs, alors que les différentes réformes des retraites obligent à travailler de plus en plus longtemps. Le gouvernement a déclaré qu’il traquera impitoyablement les « abus » des salariés qui n’iraient pas chercher leurs médicaments, signe infaillible qu’ils ne sont pas malades, ou qui feront une téléconsultation, signe infaillible qu’ils cherchent un arrêt de complaisance.
Qui décidera de ce qui est un abus et de ce qui n’en est pas ? L’aggravation des déserts médicaux, les déremboursements toujours plus importants des dépenses de santé, l’intensification de l’exploitation au travail… tout cela n’est pas pris en compte par le gouvernement.
Le prétexte de ces attaques est toujours le même : le déficit de la Sécurité sociale. Pourtant, celui-ci est moins important que prévu, mais qu’importe. Le fond du problème n’est pas là. Le gouvernement ne se soucie pas de creuser la dette publique pour abonder le budget de l’armée. Et quand il parle de faire des économies, c’est toujours au détriment des travailleurs, de leurs conditions de vie et de leur santé.