Alinéa : 1 200 travailleurs à la rue01/04/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/04/une_3009-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1262%2C1644_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Alinéa : 1 200 travailleurs à la rue

Mardi 31 mars, le tribunal de Marseille a prononcé la liquidation judiciaire de la chaîne de magasins d’ameublement Alinéa, entraînant le licenciement de 1 200 travailleurs.

Les juges n’ont pas trouvé l’offre de reprise crédible, au vu du déficit de l’entreprise et des possibilités dans ce secteur. Les dirigeants d’Alinéa invoquent évidemment la concurrence chinoise, les goûts changeants du public, les achats en ligne, etc. Mais tous se réfugient derrière des arguties juridiques pour masquer la vérité : les magasins Alinéa, prétenduement en faillite, sont en fait un petit morceau de la galaxie Mulliez, elle même aux mains d’un groupe familial détenant la sixième ou septième fortune du pays.

Les Mulliez, famille fondatrice d’Auchan, ont créé ou acheté une multitude d’enseignes, voisines, connexes, emboîtées, parentes, en relations d’affaires, qui ne sont indépendantes que sur le papier et dont les bénéfices tombent tous dans le même coffre. La fortune familiale est étroitement liée au développement des zones commerciales géantes, c’est-à-dire à l’adaptation, sur fonds publics, de la ville au grand commerce et à l’automobile.

L’indépendance juridique formelle des diverses sociétés, Auchan, Décathlon, Alinéa, Flunch, Bricoman, Kiabi, etc, permet, comme dans le cas d’Alinéa, de licencier les travailleurs sans avoir à leur proposer de reclassement et à moindre frais. Lors d’une précédente faillite, Alinéa avait d’ailleurs été repris, moins mille licenciés, par une filiale du groupe Mulliez.

Quelle que soit la situation du commerce de mobilier et de la décoration, la famille Mulliez a les moyens de maintenir les emplois, quitte à prendre sur ses bénéfices. Après tout, ils sont bien le produit du travail des salariés, y compris de ceux qu’ils envoient aujourd’hui au chômage.

Partager