Afrique : ceux qui ont faim… de profits14/01/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/01/une_2998-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C0%2C1271%2C1649_crop_detail.jpg

Dans le monde

Afrique : ceux qui ont faim… de profits

Dans son discours annuel aux ambassadeurs, Macron a appelé à renforcer la présence économique française en Afrique en disant : « Amenons des groupes français de plus en plus nombreux en Afrique, mais amenons ceux qui ont faim ».

Macron ne voulait évidemment pas parler de la faim qui sévit dans le continent, mais de la faim de profits qui anime les prédateurs capitalistes. C’est celle d’Orano qui a pillé pendant des dizaines d’années l’uranium du Niger et accable encore aujourd’hui de procès l’État nigérien pour avoir osé récupérer son dû. Ou c’est celle de TotalEnergies qui a détourné le pétrole du Gabon la main dans la main avec la famille Bongo.

La présence des trusts français dans les anciennes colonies a suscité une telle haine des populations que l’armée française a été chassée de bien des pays africains. À chaque émeute, les entreprises françaises ont été visées. Mais les grands trusts français n’en ont pas moins de beaux restes sur le continent, et tout particulièrement dans les anciennes colonies dont l’économie est la plus développée, comme la Côte d’Ivoire ou le Sénégal. Ces grands groupes n’ont plus aujourd’hui le quasi-monopole qui était le leur à une époque. Ils sont obligés de jouer à égalité avec des concurrents d’autres pays. Mais les liens personnels tissés avec la classe politique et les positions de force acquises permettent encore à Orange, Bouygues, TotalEnergies et à leurs nombreuses filiales d’avoir un accès privilégié à ceux qui décident. En outre, l’exemple tout récent de l’aide militaire apportée au président du Bénin menacé par une tentative de coup d’État montre que de tels présidents peuvent toujours avoir besoin de l’armée française.

Macron entend préserver ces positions et exhorte les ambassadeurs en place dans d’autres pays à aider les prédateurs français à se frayer une place parmi leurs rivaux anglo-saxons ou chinois. L’influence française s’érodant dans l’ancien pré carré, il faut élargir ses ambitions. Tout en précisant bien que cela demande d’avoir faim, c’est-à-dire d’être prêt à affamer la population.

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