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- Lutte ouvrière n°2996
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Dans les entreprises
Aesma – Roissy : une grève victorieuse avant les fêtes !
Aesma est une petite entreprise sous-traitante d’une partie de la maintenance du mastodonte Fedex, transporteur de fret aérien.Ce dernier emploie plus de 3 000 personnes sur son site de l’aéroport de Roissy.
Le mécontentement couvait depuis longtemps déjà, les travailleurs dénonçant les heures de nuit non majorées, les frais kilométriques non remboursés, l’absence d’équipements de sécurité et d’habits contre le froid, les salaires payés en retard. À cela, il faut ajouter les menaces de licenciement que la direction mettait parfois à exécution pour faire taire les contestataires.
Cette année, des travailleurs ont décidé de monter un syndicat CGT pour s’opposer au patron. Ce dernier avait jusque-là refusé d’organiser des élections professionnelles, comme le prévoit normalement la loi. Malgré ses tentatives pour les entraver jusqu’au jour du vote, le syndicat a finalement été reconnu en novembre. Pour les salariés, c’était une première étape dans la conscience qu’ils pouvaient faire reculer le patron.
Le 23 décembre, la colère a éclaté, suite à l’annonce d’une prime de fin d’année de 250 euros, jugée insuffisante par les travailleurs. Malgré le froid, une quarantaine de salariés d’Aesma se sont réunis devant Fedex au moment de la prise de poste. Ils ont distribué un tract pour faire connaître leurs revendications aux autres employés du groupe et ont voté la grève. Devant leur détermination à ne pas reprendre le travail, la direction d’Aesma a cédé en fin de journée une prime de 750 euros brut tout de suite, 600 euros de chèque cadeaux en décembre, le paiement des heures de grève et une prime de 1 100 euros brut en juillet.
Même si tout ce qui était demandé n’avait pas été obtenu, notamment concernant les heures de nuit, cette grève a été vécue comme une victoire, d’autant que, pour beaucoup, c’était la première grève. Certains ont pu faire remarquer que la prime de 250 euros, qui était présentée comme le « maximum possible au vu des finances de l’entreprise »… avait triplé en quelques heures sous la pression de la grève ! En réalité, Aesma avait largement les moyens de répondre aux revendications des salariés. Mais au-delà, c’est Fedex, le donneur d’ordres, avec ses 4 milliards de bénéfices en 2025, qui peut augmenter tous les salaires, ceux des embauchés comme des sous- traitants et des intérimaires.