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- Lutte ouvrière n°2999
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Dans les entreprises
ADDSEA – Besançon : les salariés mis sous surveillance
En 2025 la direction générale de l’ADDSEA (secteur de l’action sociale et médico-sociale, dans le Doubs) a décidé de relancer les contre-visites médicales patronales visant les salariés malades, y compris lorsqu’ils sont en sortie libre sans restriction horaire.

Pour cela, la direction s’appuie sur un décret publié en juillet 2024 qui dispose qu’en cas de sortie libre, il revient au salarié d’indiquer à l’employeur les horaires auxquels la contre- visite médicale peut s’effectuer. Sinon la contre-visite peut s’effectuer chaque jour entre 9 heures et 11 heures et de 14 heures à 16 heures. Autant dire que, dans ce cas, la « sortie libre », bien souvent indispensable à la thérapie, notamment en cas de troubles anxio-dépressifs, n’offre plus qu’une liberté toute virtuelle.
Cette mesure a été décidée sans la moindre information préalable des salariés. Certains ont ainsi été contrôlés et menacés de suspension des indemnités complémentaires versées par l’employeur suite à une absence ou à une étiquette décollée sur la sonnette de l’immeuble.
Lors du CSE du 19 décembre 2025, sous la pression de l’ensemble des organisations syndicales, la direction a fini par accepter de suspendre ces contre-visites, le temps d’informer l’ensemble des salariés. Mais, au-delà de la forme, c’est le principe même de ces contre-visites patronales qui est scandaleux. Le but est clairement de faire pression sur les salariés, pour leur faire reprendre le travail, quelles qu’en soient les conséquences sur leur santé. Pourtant si le secteur social et médico-social est devenu le secteur le plus touché par les arrêts maladie, ce n’est pas parce que le personnel aurait recours à des arrêts de complaisance.
La dégradation des conditions de travail, la surcharge de travail, sa perte de sens, auquel s’ajoute le report de l’âge de la retraite, sont bien les raisons de cette hausse des arrêts maladie à l’ADDSEA comme ailleurs. La direction préfère visiblement l’ignorer.