8 mars : féminisme et émancipation sociale, des combats indissociables04/03/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/03/une_3005-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg

Leur société

8 mars : féminisme et émancipation sociale, des combats indissociables

La journée du 8 mars est devenue aujourd’hui la Journée internationale des droits des femmes, mais elle a été initiée par le mouvement ouvrier socialiste, sous l’impulsion de la militante Clara Zetkin, il y a plus d’un siècle.

L’oppression des femmes est générale dans le monde. Elle peut prendre des formes plus ou moins brutales : salaires plus faibles pour des postes équivalents ; discriminations multiples ; relégation aux tâches domestiques ; statut de mineure à vie sous la tutelle d’un père ou d’un mari ; effacement total de l’espace public ; violences quotidiennes qui conduisent à des viols et des meurtres. En 2024 en France, plus de 1 200 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex- conjoint. Selon le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, qui publie des statistiques à défaut de pouvoir agir, des dizaines de milliers de femmes meurent chaque année dans le monde à la suite d’un avortement clandestin qui tourne mal.

Le combat contre l’oppression des femmes est vital et il est indissociable de la lutte contre une organisation sociale basée sur l’exploitation. Le capitalisme entretient des divisions de toute nature pour tirer les salaires vers le bas, dégrader les conditions de travail et opposer une fraction des travailleurs à une autre. Il fait des femmes les plus exploitées parmi les exploités. Comme le formulait le socialiste allemand August Bebel, dès 1879, « Il ne peut y avoir d’émancipation humaine sans indépendance sociale des femmes et sans égalité des sexes. » Mais réciproquement, la pleine émancipation des femmes est impossible tant que l’humanité sera soumise à l’exploitation capitaliste.

Dans cette époque de montée des idées réactionnaires, des droits qui semblaient acquis pour les femmes sont menacés, comme le droit à l’avortement, remis en cause dans divers pays, à commencer par les États-Unis. En France, le féminisme est instrumentalisé par des organisations communautaristes ou identitaires. Ainsi des militantes d’extrême droite, hostiles à l’avortement, comme celles du groupe Némésis, se prétendent féministes pour désigner les hommes noirs ou arabes comme responsables des agressions. Ces provocatrices, à l’origine de la rixe qui a conduit à la mort d’un identitaire à Lyon, prétendent participer à la manifestation du 8 mars, ce que refusent, avec raison, les organisatrices.

Pour sa part, Lutte ouvrière participera aux manifestations du 8 mars pour affirmer qu’émancipation des femmes et émancipation sociale sont les deux faces du même combat et qu’il n’y aura pas de liberté durable pour les femmes sans que le capitalisme soit renversé et combattre pour le communisme, c’est lutter pour un avenir dans lequel toutes les oppressions auront disparu.

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