Toyota – Onnaing : les actionnaires profitent21/02/20242024Journal/medias/journalnumero/images/2024/02/2899.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Toyota – Onnaing : les actionnaires profitent

La direction du groupe Toyota a annoncé ses bénéfices pour les derniers mois : c’est record sur record ! Ils se montent à 8,5 milliards d’euros en trois mois, d’octobre à décembre 2023 ; à 24,9 milliards d’euros en neuf mois, d’avril à décembre 2023. La prévision annuelle est en hausse de… 83,6 % !

Ces bénéfices sont le fruit du travail de l’ensemble des 400 000 salariés de ce groupe mondial. Et ils sont aussi, d’ailleurs, le fruit du travail de toute la cascade de sous-traitants et de travailleurs, à toutes les étapes allant de la production à la commercialisation. La direction joue la division : alors que les usines Toyota sont réparties sur tous les continents, des primes sont versées dans certains pays et pas dans d’autres.

L’usine d’Onnaing, dans le Nord près de Valenciennes, produit des Yaris. À l’annonce des bénéfices faramineux du groupe, beaucoup d’ouvriers ont été choqués, en particulier du fait qu’il n’y ait même pas une prime de participation. En ce moment, les autres groupes automobiles annoncent aussi leurs bénéfices, et parfois des primes de participation de quelques milliers d’euros. Ce sont des primes, et pas du salaire, et c’est notoirement insuffisant. Mais la comparaison fait encore plus ressortir le fait qu’à Toyota – Onnaing, c’est zéro. En plus, en décembre dernier, lors des NAO (négociations annuelles obligatoires, avec les syndicats), la direction n’avait accordé que des miettes : 1,2 % d’augmentation générale sur les salaires.

La pilule a d’autant plus de mal à passer que la direction justifie de ne pas verser de prime de participation aux bénéfices par le fait que, pour cette usine, elle ne déclare pas de bénéfices ! Elle tourne jour et nuit, 1 215 voitures sont produites chaque jour, les heures supplémentaires sont quotidiennes sous le nom d’overtime, il y a de nombreux samedis ou dimanches travaillés… et l’usine serait déficitaire ? C’est un mensonge éhonté, et d’ailleurs beaucoup de travailleurs ont compris que Toyota utilise un artifice comptable depuis plus de vingt ans. Le groupe ne paie pas d’impôt en France, ni de prime de participation aux 5 000 ouvriers d’Onnaing : c’est une double économie, qui se fait d’ailleurs avec la complicité de l’État. Celui-ci est parfaitement au courant de l’entourloupe : il y a quelques années, l’administration fiscale avait négocié avec la direction de Toyota qu’elle déclare quelques bénéfices, afin qu’elle paie quelques arriérés d’impôts et une prime de participation aux salariés. Et depuis… Toyota continue à procéder exactement de la même manière.

Les grands groupes capitalistes comme Toyota se comportent comme des sangsues, qui pompent la richesse aux dépens de l’ensemble des travailleurs et de la société. Ils ne s’en cachent même plus, faisant eux-mêmes la démonstration de leur parasitisme. Et beaucoup de travailleurs ne sont pas dupes.

Partager