CAF et SNU : engagez-vous, rengagez-vous21/02/20242024Journal/medias/journalarticle/images/2024/02/P7-3_SNU_OK_lupo.jpg.420x236_q85_box-0%2C259%2C1506%2C1107_crop_detail.jpg

Leur société

CAF et SNU : engagez-vous, rengagez-vous

La Caisse d’allocations familiales (CAF) mène une campagne de promotion du SNU (Service national universel) auprès des familles. Cela s’intégrerait au soutien au « développement d’actions favorisant l’autonomie des jeunes. »

Illustration - engagez-vous, rengagez-vous

La publicité énumère les avantages que les jeunes peuvent retirer de cette « expérience unique » : découverte de sports, débats, formation au secourisme, validation de la JDD (journée de défense et citoyenneté). Si le jeune poursuit son engagement avec une mission d’intérêt général de douze jours, il obtiendra des facilités pour obtenir la partie code du permis de conduire.

La CAF oublie de préciser que la nationalité française est une condition pour participer au SNU. Censé favoriser la mixité sociale, celui-ci attire surtout les enfants de militaires et de policiers, qui y sont surreprésentés, avec un tiers des participants, alors que les parents constituent 2 % de la population active, tandis que les enfants d’ouvriers ou ceux issus des quartiers défavorisés sont sous-représentés.

Le SNU, voulu par Macron, peine à séduire les jeunes, qui ont été 40 000 en 2023 à se porter volontaires pour une tranche d’âge qui en compte 800 000. L’objectif reste de le généraliser dans les années à venir, mais le coût de plus de 2 000 euros par participant, financé par l’État, refroidit les ardeurs, car la note finale pourrait s’élever à 3 milliards par an.

Ce SNU est loin d’être universel et vise à instiller un esprit patriotard dans la jeunesse scolarisée, en s’ajoutant aux « classes défense », aux nouveaux programmes d’éducation civique, au martèlement de la défense des « valeurs républicaines ». Après les enseignants, ce sont donc les CAF qui sont mobilisées pour attirer les jeunes en leur vendant du rêve.

En sacrifiant le personnel d’éducation ou de santé, comme dans tous les services publics, le gouvernement est loin de travailler à « développer l’autonomie des jeunes. » En revanche, il affûte les outils participant à les embrigader et à les préparer aux guerres que la bourgeoisie jugera inévitables pour défendre ses intérêts.

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