Airbus Helicopters – Le Bourget : partie de cache-cache à l’usine07/02/20242024Journal/medias/journalnumero/images/2024/02/2897.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Airbus Helicopters – Le Bourget : partie de cache-cache à l’usine

La direction d’Airbus Helicopters présente l’usine du Bourget comme son centre d’excellence pour les pales, un site ultra-moderne qui respecterait toutes les normes de qualité et de sécurité aéronautique.

À entendre la direction, dans cette usine idéale, seule compte la sécurité des voyageurs et des travailleurs. Mais, évidemment, il y a un gouffre entre les grands discours et la réalité de la course aux profits. On a pu voir ce qu’il en est vraiment au cours de l’audit réalisé les 23 et 24 janvier par l’AESA (Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne), censée « veiller à la sécurité dans les transports aériens en Europe ».

Pour les chefs, c’était le branle-bas de combat. Au quotidien, ils poussent les travailleurs à négliger leur sécurité et la qualité des pales pour produire plus vite. Mais, le temps de l’audit, il fallait mettre la poussière sous le tapis pour paraître irréprochable, ce qui a donné lieu à des consignes absurdes et à des situations cocasses. Personne n’a le temps de noter la date d’ouverture des produits chimiques ? Qu’à cela ne tienne, il a fallu inventer des dates. Certains intérimaires ne sont pas officiellement formés au poste où ils travaillent ? Le chef les a mis en pause « illimitée »… jusqu’à la fin de l’audit. Des pales éventuellement destinées à équiper des hélicoptères du Samu ne respectent pas le processus de fabrication ? Aucun problème : des ouvriers ont été chargés de les dissimuler à droite et à gauche dans l’usine, si efficacement qu’après-coup, il a fallu se creuser la tête pour toutes les retrouver !

La seule sécurité qui intéresse la direction, c’est celle des actionnaires.

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