SNCF ateliers du matériel : vers la grève31/01/20242024Journal/medias/journalnumero/images/2024/02/2896.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

SNCF ateliers du matériel : vers la grève

Dans les ateliers SNCF du matériel, le 1,8 % d’augmentation salariale annoncé pour 2024 ne passe pas et une majorité des travailleurs ont déposé une déclaration d’intention de grève à partir du 6 février.

Depuis le 9 janvier, des rassemblements se sont tenus à plusieurs reprises dans des ateliers de maintenance à l’initiative de Sud-Rail et aussi de militants de la CGT locaux. Les travailleurs se sont déplacés de plus en plus nombreux à ces réunions, passant par exemple de 100 à 130 aux ateliers de Villeneuve-Saint-Georges, de 50 à 90 à Châtillon. Au Landy, une centaine de travailleurs s’étaient réunis le 9 et le 16 janvier. Le 30 janvier, dans le cadre d’une heure d’information syndicale, ils étaient cette fois 150 participants. Dans le cadre du dépôt d’un préavis de grève, Sud-Rail a entamé des négociations avec la direction. Son catalogue revendicatif comprend essentiellement des revendications et des primes propres aux cheminots du matériel. Une revendication de 400 euros d’augmentation uniforme pour tous y figure bien mais en queue de liste. La Fédération Sud-Rail demande des « propositions concrètes » à la direction d’ici le 6 février, indiquant que « la balle est dans le camp de la direction ».

La balle est en réalité dans le camp des travailleurs. La direction, comme tous les patrons, a comme politique « tout sauf les salaires ». Elle est capable, sous la pression, de lâcher des primes, des mesures catégorielles pour ne pas accorder d’augmentations générales et uniformes de salaire. Mais les primes, si elles sont toujours bienvenues, n’empêchent pas l’hémorragie du pouvoir d’achat. Elles ne concernent d’ailleurs souvent même pas l’ensemble des travailleurs d’un site.

Quelles que soient les manœuvres en coulisse de la direction, il est notable que les cheminots appelés à la grève le 6 février s’y déclarent favorables. Ainsi un nombre spectaculaire de déclarations d’intention de grève (D2I) a été déposé pour ce jour-là sans date de reprise. Sud-Rail annonçait le vendredi 26 janvier un pourcentage de D2I de plus de 80 % au Landy. Des chiffres similaires sont annoncés dans de nombreux ateliers, en région parisienne comme en province. C’est en tout cas bien plus que les meilleures journées du mouvement contre la réforme des retraites et nombre de travailleurs les déposent spontanément auprès des militants. Beaucoup ont aussi conscience qu’il ne suffira pas d’une simple menace ou d’une journée de grève pour obtenir satisfaction. Les assemblées de grévistes le 6 février permettront de discuter des revendications et des moyens de les imposer.

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