Les agriculteurs en colère : dans la jungle capitaliste31/01/20242024Journal/medias/journalnumero/images/2024/02/2896.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Les agriculteurs en colère : dans la jungle capitaliste

Malgré l’annulation de la hausse sur le GNR, la mobilisation des agriculteurs s’est poursuivie. Les vagues promesse n’ont pas suffi à calmer leur colère.

Dénonçant la « concurrence déloyale » des produits importés et les « normes trop restrictives », dans la Drôme et vers Nîmes, des agriculteurs ont arrêté des camions immatriculés à l’étranger et déversé sur la chaussée des produits alimentaires provenant d’Espagne, de Belgique, de Pologne.

La concurrence fait partie intégrante du marché capitaliste, elle existe entre tous, à l’intérieur comme à l’extérieur des frontières, et elle profite d’abord aux plus gros. Dans ce marché mondial, les capitalistes de l’agroalimentaire vont chercher les produits là où ça leur rapporte le plus. Ils font pression sur les agriculteurs des différents pays pour maintenir les prix les plus bas possibles. Aucun État ne les empêchera d’agir de la sorte car tous sont à leur service.

Les mêmes grands patrons agricoles qui dénoncent cette concurrence ne se gênent pas pour en tirer des bénéfices. En 2014, alors que des agriculteurs de la FNSEA protestaient contre un arrivage massif de poulets brésiliens, ils découvrirent que l’entreprise importatrice appartenait au groupe agroalimentaire Avril, dont Xavier Beulin, le patron de la FNSEA de l’époque, était aussi le président.

Ils ne se gênent pas non plus pour exporter leurs productions un peu partout dans le monde. En 2022, la France a exporté pour plus de 84 milliards d’euros de produits agricoles et agroalimentaires, essentiellement des céréales, du vin et des produits laitiers, ce qui la place au 6e rang mondial. Le premier pays où les produits agricoles français sont exportés est l’Allemagne, où les agriculteurs se plaignent eux aussi des produits étrangers.

Dans cette jungle capitaliste où les petits agriculteurs n’ont ni la puissance du capital ni le soutien de leur État, ils sont les éternels perdants. Ils s’accrochent souvent à leur propriété, à leur statut de petit entrepreneur, d’autant plus fort qu’ils risquent à tout moment de les perdre. Mais cette société capitaliste les broie comme elle broie les prolétaires.

La seule issue pour eux, serait dans une lutte commune avec l’ensemble des travailleurs pour renverser le système capitaliste. Il pourrait en sortir une société où la production de nourriture serait organisée pour satisfaire les besoins de tous, tout en se souciant de préserver les ressources naturelles et la santé des travailleurs.

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