STMicroelectronics : discrimination sexiste et antisyndicale08/11/20232023Journal/medias/journalnumero/images/2023/11/2884.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

STMicroelectronics : discrimination sexiste et antisyndicale

Dix salariées de STMicroelectronics, entreprise de semi-conducteurs installée à Grenoble et Crolles, voient l’aboutissement d’un combat juridique de huit ans se concrétiser par la condamnation, en cour d’appel, de leur direction. Elle devra leur verser 800 000 euros d’indemnités en réparation de préjudice professionnel et moral, pour discrimination salariale liée au sexe.

Il restera à fixer un montant pour les rappels de salaire et d’éventuelles promotions. Une paille pour cette entreprise de 50 000 salariés, arrosée de millions d’aides publiques, dont les profits se sont élevés à 4 milliards de dollars en 2022 et qui promet encore plus cette année !

En 2015, suite à la fuite d’un fichier des ressources humaines contenant les salaires des travailleurs du site de Grenoble, onze salariées, six ingénieures et cinq opératrices et techniciennes, toutes représentantes du personnel CGT, avaient saisi les Prud’hommes pour inégalité salariale, de l’ordre de 16 à 20 % en faveur de leurs collègues hommes. Une des salariées, juge prud’homale, fait l’objet d’un jugement à part et est en attente.

Ce jugement est une victoire quand on sait qu’il a fallu attendre des années et un recours devant la justice pour simplement obtenir de la direction des documents permettant la comparaison des carrières des hommes et des femmes. Même si chacune des plaignantes s’attend à une saisie de la Cour de cassation par l’employeur, elles espèrent que d’autres femmes oseront, elles aussi, dénoncer les discriminations qu’elles subissent.

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