Catastrophes : les assurés paieront08/11/20232023Journal/medias/journalarticle/images/2023/11/P11-2_Assurances_tempete_ok_Lupo.jpg.420x236_q85_box-0%2C75%2C800%2C525_crop_detail.jpg

Leur société

Catastrophes : les assurés paieront

Les principales compagnies d’assurance françaises s’apprêtent à augmenter leurs tarifs en 2024 bien au-dessus de l’inflation. La récente tempête Ciaran, dont la facture est chiffrée autour du demi-milliard d’euros, vient à point nommé pour justifier ces hausses.

Illustration - les assurés paieront

Outre les risques climatiques, le directeur général d’Axa cite aussi l’augmentation du prix des pièces détachées des automobiles, la consommation de soins – excessive selon lui – et même l’impact de la réforme des retraites sur son activité de prévoyance comme des raisons d’augmenter les prix des assurances bien plus que les 3 % de hausse de cette année.

Son collègue et concurrent d’Aéma, qui regroupe la Macif, Aésio et d’autres, dit la même chose en déclarant que pour la hausse de ses tarifs « l’inflation sera un plancher pour l’année à venir ».

Pourtant les assureurs ne sont pas à plaindre. Selon son directeur général de l’époque, Axa a connu une très bonne année 2022. En effet son résultat opérationnel à 7,3 milliards d’euros était en hausse de 4 % sur l’année précédente. Le bénéfice net d’Aéma en 2022 était plus modeste, 122 millions, mais en forte progression de 17 %.

Les compagnies d’assurance mettent constamment en avant le coût des catastrophes qu’elles doivent en théorie assumer. Or l’inventivité de la spéculation financière vient à leur secours avec les 42 milliards de dollars d’« obligations catastrophes » que les assureurs émettent pour se protéger des risques financiers liés aux incendies, tornades, ouragans et tremblements de terre. Les capitalistes qui achètent ces obligations n’ont pas l’air d’être trop inquiets du coût des catastrophes puisqu’elles font l’objet d’une spéculation à la hausse : plus 16 % depuis le début de l’année.

Les assureurs savent aussi rompre les contrats dont ils estiment qu’ils leur coûtent trop, comme ceux de certaines municipalités exposées aux risques climatiques ou aux destructions lors d’émeutes. Ou bien ils acceptent encore de les assurer, mais à condition qu’elles se plient à une forte augmentation des primes d’assurance.

Ces compagnies assurent avant tout leurs profits.

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