Autoliv – Vienne : face à l’offensive patronale08/11/20232023Journal/medias/journalnumero/images/2023/11/2884.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Autoliv – Vienne : face à l’offensive patronale

La multinationale Autoliv produit des airbags, des ceintures de sécurité et des volants. Elle avait déjà annoncé, en juin dernier, un plan de 8 000 suppressions de postes, principalement en Europe, et la fermeture de sites.

Après ces attaques, déjà commencées en Allemagne et en Grande-Bretagne, Autoliv a précisé ses attaques concernant la France où trois de ses quatre sites sont concernés : Livbag, près de Brest, où sont fabriqués des générateurs de gaz pour airbags, est menacé de 59 suppressions de postes ; AKF, à Gournay-en-Bray, en Normandie, qui produit des airbags, verrait 55 emplois liquidés ; l’usine NCS de Survilliers, en région parisienne, où sont fabriqués des allumeurs de gaz pour airbags et ceintures de sécurité, a déjà connu des licenciements par le passé ; enfin, le site Autoliv situé à Chiré-en-Montreuil, près de Poitiers, qui fabrique des volants, perdrait 178 des derniers 248 CDI restants après plusieurs plans de licenciements. À terme, la fermeture de cette usine poitevine est programmée.

En tout, 320 emplois disparaîtraient ainsi d’ici fin 2025 dont 220 liés aux services généraux, à la R & D, et 100 postes en production avec, notamment, la délocalisation de la fabrication des volants.

Dans ses rapports destinés aux actionnaires, la direction mondiale du groupe se plaignait du rétrécissement des bénéfices, du fait de l’augmentation du coût des matières premières non prise en compte dans ses prix de vente par les donneurs d’ordres de l’industrie automobile. Elle annonçait donc cyniquement la couleur en déclarant vouloir s’attaquer aux emplois pour maintenir, voire augmenter les profits… et les dividendes versés aux actionnaires. Ainsi, pour le seul troisième trimestre 2023, ces derniers voient leurs dividendes en hausse de 30 % et percevront 176 millions de dollars, dont 56 millions en dividendes et 120 autres en rachats d’actions, qui seront puisés dans les 134 millions de bénéfices et la trésorerie du groupe.

Si l’annonce des patrons a été un coup de massue dans les ateliers du site de Chiré, elle n’a pas surpris grand monde tant les transferts de machines en Roumanie, les délocalisations de productions en Tunisie, puis, récemment, le montage d’une usine de fonderie pour volants dans ce pays, où les salaires ouvriers oscillent autour de 200 euros, laissaient présager un prochain coup.

Que ce soit pour défendre les emplois ou pour faire payer le plus chèrement possible aux patrons les années de chômage qu’ils pourraient imposer aux ouvriers, seules compteront la mobilisation et la détermination à riposter. Il faut que ce soit tous sites confondus, car les travailleurs ont les mêmes intérêts et le même exploiteur.

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