Évasion fiscale : au bonheur des milliardaires25/10/20232023Journal/medias/journalarticle/images/2023/10/P6-1_Evasion_fiscale_OK_Lupo.jpg.420x236_q85_box-0%2C75%2C800%2C525_crop_detail.jpg

Leur société

Évasion fiscale : au bonheur des milliardaires

En 2022, mille milliards de dollars, soit près de 950 milliards d’euros, ont été transférés par les grandes entreprises dans les paradis fiscaux. C’est ce que révèle le dernier rapport de l’Observatoire européen de la fiscalité publié le 23 octobre.

Illustration - au bonheur des milliardaires

Parfois, certains se font prendre. C’est ainsi qu’à la suite d’une enquête de Médiapart, le groupe Fayat a fini par être rattrapé par la justice en août 2023. ­Numéro 4 du BTP français, avec 21 500 salariés dans 170 pays, il bénéficie de financements publics français et européens entre autres pour des chantiers africains. Deux filiales du groupe sont soupçonnées d’avoir participé à un montage offshore à l’île Maurice où le taux d’imposition sur les sociétés oscille entre 0 et 3 %, contre 25 % en France.

Quant aux fortunes personnelles des milliardaires, revenu individuel et patrimoine, elles supportent un taux d’imposition qui est au maximum de 0,5 %, sans aucun problème évidemment.

En 2021, plus de 140 pays ont décidé qu’un impôt minimum de 15 % sur les sociétés devrait entrer en vigueur en 2024 et éviter la compétition entre les différents pays qui s’efforcent d’attirer les bénéfices des grosses sociétés en baissant ce taux d’imposition. En réalité le rapport reconnaît que cet impôt a déjà été « vidé de sa substance par une série de niches et d’exonérations ». Au mieux, à supposer qu’il se mette en place réellement, il ne pourrait même pas rapporter la moitié des 130 milliards de dollars escomptés.

Entre « optimisation » fiscale et fraude, les vrais maîtres de la société, les possédants, ont mille moyens de protéger leurs profits.

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