Decathlon : un mort au travail18/10/20232023Journal/medias/journalnumero/images/2023/10/2881.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Decathlon : un mort au travail

Mercredi 11 octobre, un travailleur intérimaire a trouvé la mort lors du déchargement d’un camion réapprovisionnant le magasin Decathlon de la place de la Madeleine à Paris.

Le chariot élévateur qu’il conduisait dans une forte pente pour accéder au sous-sol du magasin l’a écrasé. Il avait 25 ans et c’était son premier jour de travail sur le site.

L’émotion a été forte parmi les travailleurs, dont beaucoup sont jeunes, parfois étudiants, souvent sportifs eux-mêmes, et vendredi 13 octobre beaucoup ont débrayé et se sont rassemblés devant le magasin. Personne n’aurait imaginé que l’on puisse mourir en travaillant pour la chaîne de magasins qui commercialise des équipements de sport et de loisir, dans ce quartier touristique de Paris.

Cependant, en juin dernier déjà, une grève avait alerté sur la dangerosité des conditions de réception de la marchandise, qui se fait sur le boulevard, au milieu d’une circulation automobile dense à cet endroit de la capitale. Une panne d’ascenseur depuis le 28 septembre avait encore compliqué la manutention et, le week-end précédant l’accident mortel, la CGT et la CFDT avaient alerté sur les dangers de cette situation.

La panne d’ascenseur a obligé à recourir à une société d’intérim et à l’utilisation d’un engin pour le déchargement des livraisons et leur rangement. Il y avait du retard et une pression à aller vite. En raison du dysfonctionnement du hayon d’un camion, il a été décidé d’utiliser de nouveau le chariot élévateur. C’est après cette manœuvre, en prenant la rampe d’accès au sous-sol, qu’a eu lieu l’accident.

La mort de ce jeune travailleur est un résultat de la course au profit tout autant que de la négligence avec laquelle sont traités bien des intérimaires, qui souvent arrivent sur des chantiers ou des lieux de travail à risque sans être formés ou suffisamment protégés.

Decathlon appartient à la richissime famille Mulliez, propriétaire entre autres d’Auchan. Elle ne saura probablement jamais rien de ce drame, mais il n’empêche que ce jeune travailleur est mort pour permettre aux Mulliez d’accroître leur fortune.

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