Stellantis : même exploitation des deux côtés de l’océan23/08/20232023Journal/medias/journalnumero/images/2023/08/2873.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Stellantis : même exploitation des deux côtés de l’océan

Le groupe Stellantis (ex-PSA) a décidé d’investir 100 millions de dollars aux États-unis, dans un projet d’extraction du lithium, matériau indispensable pour les batteries des voitures électriques.

Stellantis se gargarise du fait que le procédé utilisé pour cette fabrication serait moins polluant que les autres. Mais la raison de cet engouement n’est évidemment pas écologique, les constructeurs automobiles n’étant pas les mieux placés pour parler préservation de l’environnement !

Non, les raisons sont bien plus « capitalistes ». En effet, le gouvernement américain a mis en place de nombreuses mesures protectionnistes, regroupées sous le sigle Ira (loi sur la réduction de l’inflation). Pour profiter des cadeaux offerts par le gouvernement aux entreprises restant sur le sol américain, les industriels doivent prouver que les matériaux utilisés ont été extraits aux États-unis et que les batteries y ont été fabriquées. Ainsi, Stellantis compte bien que cet investissement lui rapporte, en lui permettant de garder un pied dans le marché américain.

Par ailleurs, le développement de la voiture électrique se fait sans que rien ne soit réellement prévu et anticipé quant aux matières premières nécessaires, à la fabrication des bornes de rechargement et au stockage des batteries usagées. C’est l’anarchie du capitalisme dans toute sa splendeur. Alors, dans ce contexte, Stellantis espère, en mettant la main sur l’approvisionnement en lithium, garantir ses profits futurs.

Dans la même perspective de profits, Stellantis tente d’aggraver sérieusement les conditions de travail des ouvriers dans ses usines américaines Chrysler. La direction veut imposer une diminution des salaires, moins de congés, une réduction de la couverture médicale, un recours plus grand à l’intérim, des attaques sur les retraites. Et de nouveau l’argument écologique sert à essayer de masquer ces attaques. Sous prétexte que le passage à l’électrique coûterait cher, il faudrait que les ouvriers se serrent la ceinture. Mais cette année encore le groupe se prépare à engranger des profits faramineux. Au premier semestre 2023, l’entreprise a réalisé 10,9 milliards d’euros de bénéfices net, soit 37 % de plus qu’au premier semestre 2022.

Les ouvriers américains ont bien raison de ne pas vouloir de ce recul. L’argent de Stellantis, engendré par les travailleurs du groupe dans toutes ses usines, doit servir aux emplois et aux salaires.

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