Urgences : surchauffe même sans canicule09/08/20232023Journal/medias/journalnumero/images/2023/08/2871.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Urgences : surchauffe même sans canicule

En 2022, pendant l’été caniculaire, nombre de services d’urgences des hôpitaux avaient dû fermer ou étaient débordés. Un an plus tard rien n’a changé. Presque sans canicule la situation est catastrophique dans nombre d’hôpitaux.

Départs non remplacés de soignants qui fuient des conditions de travail et un salaire déplorables, fermetures de lits par centaines, fuite de médecins intérimaires, dont la rémunération est plafonnée : faute de personnel et de lits, la crise s’aggrave. Il faut souvent atteindre d’interminables heures aux urgences avant de pouvoir être pris en charge.

Ainsi, au centre hospitalier Nord Deux-Sèvres, qui n’est pour l’heure pas débordé par l’affluence de patients affectés par la canicule, un médecin urgentiste n’hésite pourtant pas à comparer les urgences au Radeau de la Méduse, « où n’importe quel élément imprévu supplémentaire aurait des conséquences dramatiques ». Au centre hospitalier de Maubeuge, dans le Nord, face au manque criant de médecins, la direction envisage de fermer les urgences les trois derniers week-ends du mois d’août. Ce sera tant pis pour le patient en situation critique qui sera obligé de faire trente minutes de route pour aller jusqu’à Valenciennes. À Cagnes-sur-Mer, dans les Alpes Maritimes, où les chaleurs sont plus fortes, la fréquentation des Urgences de la polyclinique Saint-Jean est en forte hausse, avec près de 110 patients accueillis chaque jour.

Face à cette situation chaotique qui dure depuis des années, Macron avait affiché, en avril dernier, l’objectif de « désengorger les Urgences d’ici la fin 2024 ». Mais avec quels moyens ? Il n’en avait dit mot. L’ancien ministre de la Santé François Braun, en peine d’idées, avait quant à lui parlé d’un appel préa­lable au 15 avant toute venue aux urgences. Mais vu le manque de moyens et de personnel du Samu, ce faux remède ne parvient qu’à désengorger Pierre pour engorger Paul.

Été comme hiver, les gouvernements continuent la casse de l’hôpital public, en supprimant des postes, en dégradant les conditions de travail des hospitaliers et la prise en charge des patients, et en plaçant le budget des hôpitaux de plus en plus sous la mainmise de la finance. La seule santé qui intéresse tous ces gouvernants est celle des profits capitalistes.

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