Nos lecteurs écrivent : Assistantes maternelles en colère27/02/20192019Journal/medias/journalnumero/images/2019/02/2639.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Nos lecteurs écrivent : Assistantes maternelles en colère

Début février, à l’appel de l’intersyndicale CGT-FO, une vingtaine d’assistantes maternelles des Côtes-d’Armor se sont retrouvées devant la préfecture de Saint-Brieuc pour protester contre le projet de réforme de l’assurance chômage du gouvernement Macron.

Ce projet risque de nous mettre encore plus dans la précarité. En effet, nous travaillons généralement pour plusieurs employeurs en CDI, à raison d’un contrat par enfant. Quand un de ces contrats se termine, soit par départ à l’école soit par déménagement de la famille, nous pouvons nous inscrire à Pôle emploi afin de percevoir un complément de revenu, plus ou moins équivalent à la perte de salaire due au contrat terminé, et cela, jusqu’à ce que nous retrouvions un nouveau contrat.

C’est ce dispositif qui est dans le collimateur du gouvernement car il estime que nous ne sommes pas au chômage puisque nous continuons de travailler avec nos autres contrats.

Mais il faut savoir que, dans la zone rurale de Guingamp, un contrat c’est en moyenne une trentaine d’heures par semaine, ce qui représente environ 300 euros par mois puisque le salaire horaire dans la région avoisine les 2,90 euros net. Alors, enlever un contrat à une assistante maternelle gardant trois enfants, c’est faire que son salaire passe d’un peu plus de 1 000 euros à environ 700 à 800 euros par mois.

Le risque est donc de voir un certain nombre d’assistantes maternelles cesser leur activité faute d’un revenu suffisant – c’est déjà le cas – de voir une recrudescence du travail au noir et surtout de voir bon nombre de parents-employeurs, et ils sont deux millions en France, sans solution de garde pour leur enfant étant donné le manque de places en crèche ou l’absence de crèches.

Cette mobilisation nous a permis de nous connaître, de rompre notre isolement et de décider de rester vigilantes pour ne pas subir une nouvelle dégradation de nos conditions de travail.

Partager