Chili : la droite remporte l’élection présidentielle20/12/20172017Journal/medias/journalnumero/images/2017/12/2577.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Chili : la droite remporte l’élection présidentielle

Le candidat de la droite, Sebastian Piñera, un des capitalistes les plus riches du pays, a remporté largement le deuxième tour de l’élection présidentielle chilienne avec 54,6 % des voix contre les 45,4 % du candidat de la coalition conduite par le Parti socialiste, Alejandro Guillier, qui ne succédera donc pas à la présidente PS sortante, Michelle Bachelet.

L’arithmétique du premier tour pouvait laisser penser que les 22 % du candidat socialiste, ajoutés aux 20 % de la candidate de la gauche du Frente amplio, le Front large, suffiraient à battre les 36 % du candidat de la droite. Les principaux dirigeants du Frente amplio, dont leur candidate présidentielle Beatriz Sanchez, ont bien appelé à voter, à titre personnel, pour Guillier, mais ils n’ont pas forcément été suivis et surtout l’électorat de droite s’est fortement mobilisé.

D’abord, le candidat d’extrême droite du premier tour, José Antonio Kast, 7,5 % des voix, s’est mobilisé pour que son électorat soutienne le candidat de droite. Kast se présente comme un fervent admirateur du général Pinochet. Et si le candidat de la droite, Piñera, se dit de la droite libérale et prétend en finir avec les mauvais souvenirs de la dictature de Pinochet, il n’a pas dédaigné ce soutien.

Guillier, qui ne voulait pas endosser le relatif discrédit de la présidence Bachelet dans les milieux populaires et parmi la jeunesse, a axé sa campagne principalement contre la personnalité de Piñera, déjà président en 2010. Ce à quoi la droite a rétorqué en agitant l’épouvantail du moment, le Venezuela de Maduro, en pointant un risque imaginaire de « Chilezuela ».

Piñera a joué sur les deux tableaux. Il a laissé dire les ultras de son camp dont certains brandissaient en public des bustes de Pinochet, tout en agitant par ailleurs quelques promesses, la gratuité des études supérieures, l’augmentation des retraites ou la réduction de la pauvreté, pouvant séduire au-delà de la droite modérée. Mais la promesse qu’il assumera à coup sûr est celle qui concerne la baisse des impôts des entreprises, qui coïncide avec ses propres intérêts et ceux du 1 % de privilégiés qui contrôle 30 % des richesses du pays.

Il reste à savoir comment le nouveau président pourra gouverner. Il est vraisemblable qu’il recherche une coalition et que, comme il l’avait fait dans le passé, il s’inscrive dans la continuité de ses prédécesseurs, maintenant l’essentiel de ce que ceux-ci avaient mis en place, de la même manière que ces derniers avaient conservé l’essentiel de ce que la dictature militaire avait imposé, notamment la privatisation d’importants secteurs comme la protection sociale ou l’éducation.

Quoi qu’il en soit, les classes populaires ne devront compter que sur elles-mêmes. Car l’aile dite de la gauche radicale, le Frente amplio, semble vouloir limiter ses interventions au Parlement et sur des sujets de société.

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