Procès Traoré : une condamnation inique28/12/20162016Journal/medias/journalnumero/images/2016/12/2526.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Procès Traoré : une condamnation inique

Mercredi 14 décembre, les deux frères d’Adama Traoré ont été condamnés à des peines de plusieurs mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Pontoise, pour de prétendus violences et outrages envers des policiers. Peines accompagnées pour l’un des frères d’une interdiction de séjour pendant deux ans à Beaumont, où vit sa famille, et du paiement de 7 390 euros de dommages et intérêts aux policiers.

Les faits pour lesquels ils étaient jugés remontaient au 17 novembre. Ce soir-là, des heurts avaient éclaté quand une cinquantaine de soutiens de la famille Traoré avaient voulu assister au conseil municipal de Beaumont, où la maire (UDI) s’apprêtait à faire voter la prise en charge de ses frais de justice contre Assa Traoré, la grande sœur d’Adama. Les manifestants, dont des mères avec des poussettes, avaient été dispersés à coups de gaz lacrymogène. Une policière municipale a prétendu avoir reçu un coup au visage. Les deux frères ont été arrêtés, cinq jours plus tard, après une enquête bâclée.

Le verdict est tombé, après huit heures d’un procès au cours duquel aucune preuve de leur culpabilité n’a été apportée par les huit gendarmes et policiers qui s’étaient constitués partie civile. Il est d’autant plus révoltant que les deux jeunes, ainsi que le reste de la famille Traoré, doivent se battre depuis plusieurs mois pour faire la lumière sur les circonstances du décès de leur frère le 19 juillet 2016, après son interpellation musclée par les gendarmes de Persan, dans le Val-d’Oise. Loin de les soutenir, la justice les a donc condamnés.

La famille d’Adama n’entend pas se laisser intimider. Bagui Traoré, le plus lourdement condamné des deux frères, a décidé de faire appel du jugement. Le 21 décembre, suite au dépaysement de l’enquête obtenu en septembre par la famille Traoré, trois juges d’instruction de Paris ont été désignés pour reprendre les investigations. La lutte pour connaître la vérité sur la mort d’Adama continue.

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