Made in France : des fariboles23/11/20162016Journal/medias/journalnumero/images/2016/11/2521.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Made in France : des fariboles

Après les assises du Produire français en septembre à Reims, le patriotisme économique et ses prétendus avantages ont à nouveau été à l’affiche au salon du Made in France à Paris, du 18 au 20 novembre. Et à nouveau des candidats à la présidence se sont précipités pour tenter d’exploiter le filon.

Montebourg était là bien sûr, des esprits chagrins relevant tout de même que le programme du champion du Produire français avait été imprimé en Italie. Dupont-Aignan est venu vanter un prétendu protectionnisme intelligent. Quant à Le Pen, elle a vitupéré contre l’Union européenne et la « préférence étrangère » qui poussent à « faire fabriquer par des entreprises étrangères ou à l’étranger ». Tous ces discours sur le « patriotisme économique » permettent à ces politiciens de ne pas évoquer la course au profit à laquelle se livrent les groupes industriels et qui est le seul moteur de cette économie capitaliste.

Au niveau atteint par l’internationalisation des échanges, le « produire français » n’a aucune réalité. Le label Origine France garantie, qui à en croire les experts serait le plus sérieux, garantit seulement que 50 % du prix de revient des produits, y compris l’électricité, aurait été réalisé en France. On apprend ainsi au passage que les recordmen des composants made in France seraient, dans l’automobile, la Toyota Yaris sortie de l’usine d’Onnaing près de Valenciennes et, dans l’alimentaire, les glaces Häagen-Dazs produites à Arras.

Labels et patriotisme économique relèvent d’une escroquerie commerciale de la part des industriels qui cherchent à trouver un argument de vente. Et de la part des politiciens qui mettent ce nationalisme en avant, il s’agit d’une tromperie pour tenter d’exploiter la peur des licenciements, des fermetures d’entreprises et du chômage. Ces fléaux ne résultent pas du monstre anonyme de la mondialisation mais des calculs de capitalistes bien réels, à commencer par ceux qui portent le label français.

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