La Côtière : ensemble contre les licencieurs05/10/20162016Journal/medias/journalarticle/images/2016/10/p14_La_Cotiere_C_LO.jpg.420x236_q85_box-0%2C0%2C800%2C450_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

La Côtière : ensemble contre les licencieurs

Lundi 3 octobre, une centaine de travailleurs de la Côtière – plusieurs communes de l’Ain situées aux portes de l’agglomération lyonnaise – se sont rassemblés devant les locaux administratifs d’ABB à La Boisse. Ils voulaient dénoncer collectivement les plans de suppressions d’emplois en cours dans quatre entreprises du secteur : ABB, Philips, ArcelorMittal et Toray.

Illustration - ensemble contre les licencieurs

Ces quatre entreprises ont en commun d’appartenir à des groupes richissimes, qui veulent augmenter leur rentabilité et leur productivité en réduisant les effectifs et en se débarrassant de secteurs d’activité jugés moins rentables.

Philips veut supprimer 142 emplois dans son usine de Miribel, cessant toute production. ArcelorMittal s’apprête à revendre sa division Solustil (tôlerie industrielle) à une société italienne. Pour les travailleurs du site de La Boisse, c’est une première étape vers une liquidation, Mittal sous-traitant les licenciements à son repreneur pour ne pas entamer son image de marque. ABB, qui vient d’annoncer la construction d’un nouveau bâtiment présenté sans rire comme « la vitrine des savoir-faire », réorganise ses services en supprimant 25 emplois. Une partie de la comptabilité doit être délocalisée en Pologne. La direction se livre à un grossier chantage : elle versera une prime supralégale de licenciement de 40 000 euros à condition que tous les syndicats signent l’accord qu’elle propose. Enfin Toray, une usine produisant du film alimentaire et appartenant à un groupe chimique japonais, vient d’annoncer un plan d’économies qui se traduira par des suppressions de postes, des réorganisations de services et une nouvelle hausse de la productivité. La direction prévoit d’accélérer la vitesse des lignes mais elle supprime des emplois !

Ce qui choque particulièrement les travailleurs concernés est que toutes ces entreprises ont touché de l’argent public sous forme de CICE, de crédit impôt recherche ou d’exonération d’impôts locaux lors de l’installation sur les communes de la Côtière. À chaque fois, les élus locaux invoquent l’emploi pour justifier leurs chèques.

Ces quatre cas résument la politique des grands patrons dans cette période de crise. Face à un marché stagnant, ils augmentent leurs marges et les dividendes versés aux actionnaires en pressurant les travailleurs et en réduisant les effectifs par tous les moyens. Le rassemblement voulait montrer que les travailleurs concernés, confrontés aux mêmes attaques, ne laisseront pas leurs patrons dégrader leurs conditions de vie et de travail sans se battre.

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