Israël-Palestine : la colonisation s’intensifie07/09/20162016Journal/medias/journalnumero/images/2016/09/2510.jpg.445x577_q85_box-0%2C62%2C822%2C1128_crop_detail.jpg

Dans le monde

Israël-Palestine : la colonisation s’intensifie

Le 1er septembre, le gouvernement Netanyahou a autorisé la construction de 463 nouveaux logements dans les colonies juives de Cisjordanie. On a pu entendre à cette occasion les habituelles réprobations diplomatiques, venues des États-Unis, dont le gouvernement s’est « inquiété », de l’Union européenne ou du Conseil de Sécurité de l’ONU, où on s’est alarmé une énième fois.

De ces réprobations ou réserves hypocrites, le gouvernement Netanyahou, se moque éperdument. Depuis mai dernier, la coalition qu’il dirige s’est orientée encore plus à l’extrême droite. Au sein du gouvernement, des ultranationalistes du parti Israël Beitenou, (dont son leader, Avigdor Liberman, ministre de la Défense), sont venus s’ajouter aux religieux intégristes du Foyer juif de Naftali Bennett, lui-même ministre de l’Éducation. Plus encore que ses prédécesseurs, ce gouvernement a favorisé l’implantation de colonies juives en Cisjordanie.

En Israël même, des voix s’élèvent pour dénoncer cette politique. C’est le cas d’associations comme B’Tselem ou La Paix Maintenant. D’après ces dernières, depuis le début de l’année 2016, c’est plus de 2 600 logements qui ont été autorisés pour des Juifs en Cisjordanie, dont près de 800 validés après avoir été construits illégalement par des colons d’extrême droite, que ce soit en Cisjordanie ou à Jérusalem Est. Dans le même temps, plus de 700 maisons habitées par des Arabes ou des équipements, dont certains financés par l’Union européenne, ont été détruits au bulldozer.

Ces démolitions ont lieu pour la plupart dans la « zone C » de la Cisjordanie. Depuis les accords dits d’Oslo II, signés en 1995, les territoires palestiniens sont divisés en trois zones. La zone C, directement sous le contrôle militaire d’Israël, englobe 62 % du total. C’est dans cette zone que se situent les colonies et les routes d’accès à celles-ci, qui empiètent toujours plus sur les territoires et rendent infernale la vie de tous les jours des Palestiniens.

Théoriquement bien sûr, les Palestiniens peuvent faire construire dans cette zone. Mais il faut pour cela demander un permis aux autorités israéliennes. Or, celles-ci n’en délivrent pas. En 2014, un seul permis a ainsi été accordé et aucun en 2015 ! Les nouvelles constructions peuvent ainsi être déclarées « illégales » et détruites. Par contre, pendant ces mêmes années, une moyenne de 1 500 autorisations annuelles ont été délivrées à des Israéliens.

Cette politique rend impossible la création d’un État palestinien un tant soit peu viable, elle nourrit le désespoir et la soif de vengeance de la jeunesse palestinienne et enferme les Juifs d’Israël eux-mêmes dans une spirale de violence sans issue.

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