Union européenne – Turquie : marchandages sur le dos des migrants27/04/20162016Journal/medias/journalnumero/images/2016/04/2491.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Union européenne – Turquie : marchandages sur le dos des migrants

Le 23 avril, Angela Merkel, accompagnée de responsables européens et du Premier ministre turc, a visité le camp de Nizip en Turquie, considéré comme un camp modèle, qui accueille dans des préfabriqués près de 5 000 réfugiés syriens. Ils ont inauguré devant les caméras un centre de protection pour enfants, financés par des fonds européens.

À l’entrée du camp, une banderole indiquait : « Bienvenue en Turquie, le pays qui accueille le plus de réfugiés au monde ». Un comble alors que les organisations humanitaires dénoncent les conditions lamentables que connaissent des dizaines de milliers d’autres réfugiés qui s’entassent du côté syrien de la frontière, sans pouvoir pénétrer sur le sol turc !

Cette sinistre opération de communication à grand spectacle masque mal le sort dramatique des 2,7 millions de réfugiés de Turquie. Ceux-ci sont devenus la monnaie d’échange d’un sordide marchandage entre l’Union européenne (UE) et le gouvernement d’Erdogan. Depuis l’accord signé le 20 mars, ce dernier s’est engagé à empêcher les migrants d’accéder en Grèce et à accepter que ceux qui y ont débarqué illégalement soient expulsés vers la Turquie. Selon les termes de ce marchandage, pour chaque migrant renvoyé, un réfugié syrien légalement enregistré par les autorités turques serait « réinstallé » dans un pays européen. En contrepartie, les dirigeants européens se sont engagés à verser à terme 6 milliards d’euros à la Turquie, à reprendre les négociations sur son adhésion à l’Union européenne et à faciliter l’attribution de visas d’entrée en Europe pour les Turcs.

Dénoncé à juste titre comme la négation des droits élémentaires des réfugiés, cet accord est d’autant plus révoltant que l’Union européenne envisage de n’accueillir que 72 000 migrants, ce qui est dérisoire. D’autant que ce chiffre ne sera pas atteint, puisque pour 325 migrants effectivement renvoyés en Turquie, seulement 103 ont été accueillis en Europe.

Par leurs interventions militaires répétées au Moyen-Orient, les grandes puissances ont ravagé les pays que fuient par milliers leurs ressortissants. Après les avoir poussés à l’exil, elles les condamnent à s’entasser dans des camps ou à risquer la mort en tentant de franchir les frontières de l’Europe.

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