Front national : une propagande haineuse et ceux qui l’alimentent25/11/20152015Journal/medias/journalnumero/images/2015/11/2469.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Front national : une propagande haineuse et ceux qui l’alimentent

Le Front national se frotte les mains. Car si les attentats en eux-mêmes, c’est-à-dire la politique des terroristes, sont pain bénit pour sa propagande anti-immigrés, la politique d’union nationale du gouvernement l’est aussi.

Avant les attentats, Valls avait joué les horrifiés à l’idée que le Front national puisse se retrouver à la tête d’une région. Il avait déclaré qu’il fallait s’opposer par tous les moyens à cela, notamment par des listes de front républicain. À peine quelques jours plus tard, après les fusillades et les explosions terroristes du 13 novembre, Hollande annonçait, dans le cadre de l’état d’urgence, des mesures prises dans l’arsenal des propositions de ce même Front national. Au point que Marine Le Pen, satisfaite, a pu déclarer que « le gouvernement reprend une partie des mesures de bon sens que le Front national expose depuis de nombreuses années ».

Toutes les exacerbations du patriotisme, les drapeaux bleu-blanc-rouge ou les Marseillaises chantées à tout bout de champ, contribuent à déplacer l’état d’esprit général sur le terrain des idées de l’extrême droite. En cultivant le sentiment nationaliste pour redorer son propre blason, Hollande sert la soupe à Marine Le Pen, qui n’a alors qu’à ajouter une couche sécuritaire et anti-immigrés à la politique du gouvernement.

Elle a ainsi réclamé le reflux de tous les migrants, les amalgamant avec les terroristes. La tête de liste Front national en Ile-de-France, Wallerand de Saint-Just, a réclamé la mise sous tutelle de la ville de Saint-Denis, « dans le but de procéder au désarmement général et à la sécurisation définitive de la ville », laissant entendre qu’une partie importante de la population de cette ville de plus de 100 000 habitants serait composée de djihadistes en puissance. Les politiciens de droite cherchent eux aussi à cracher leur venin mais, coincés entre la politique du gouvernement et la surenchère du FN, ils n’ont plus beaucoup de place.

L’audience actuelle du Front national illustre une évolution vers la droite qui est aussi celle des partis de gouvernement, PS compris. C’était déjà le cas avant les attentats, cela l’est encore plus depuis. Alors, lutter contre l’influence des idées réactionnaires parmi les travailleurs nécessite de se démarquer de tous ceux qui contribuent à alimenter de près ou de loin ces idées, et donc de refuser toute adhésion à l’union nationale.

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