Europe : les frontières se ferment aux migrants25/11/20152015Journal/medias/journalnumero/images/2015/11/2469.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Europe : les frontières se ferment aux migrants

Avant le 13 novembre, la France avait déjà décidé du rétablissement des contrôles à ses frontières, sous prétexte d’assurer la sécurité des 80 chefs d’État qui doivent participer à la COP 21 le mois prochain. Les attentats ont fourni au gouvernement une justification supplémentaire, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve affirmant que la France maintiendra ces contrôles « aussi longtemps que la menace terroriste le nécessitera ».

C’est une remise en cause de la liberté de circulation que l’Union européenne avait mis des dizaines d’années à mettre en place, et qui était déjà limitée, puisqu’elle ne concernait que ses ressortissants.

Vendredi 20 novembre, les contrôles aux frontières extérieures de l’Union ont été renforcés. Un fichier des passagers aériens (PNR) devrait être constitué, qui obligerait les compagnies aériennes à transmettre aux autorités la liste de leurs passagers, et leur destination.

Ces mesures permettront-elles d’empêcher de futurs attentats ? Ce n’est pas évident, quand on sait que la plupart des tueurs du 13 novembre, comme ceux des attentats contre Charlie Hebdo et contre l’Hyper Cacher en janvier dernier, étaient français.

En revanche, il n’a pas fallu longtemps avant que la surenchère autour du contrôle des frontières serve à entraver l’arrivée des migrants en Europe. Depuis le 18 novembre, plusieurs pays des Balkans filtrent l’entrée des migrants en fonction de leur provenance, laissant passer ceux qui viennent de Syrie, d’Irak ou d’Afghanistan, qui ont des chances d’être reconnus comme réfugiés, et refoulant les autres, considérés comme des émigrés économiques. Le lendemain, la Serbie a refoulé 200 migrants vers la Macédoine, qui a refusé de les accueillir. Ils ont dû rester dans un no man’s land entre les deux pays. Le même jour, la Macédoine a fermé sa frontière avec la Grèce. Plusieurs milliers de personnes se sont retrouvées coincées à la frontière. 4 000 Syriens, Afghans ou Irakiens ont pu passer, mais 500 personnes venant d’autres pays sont restées bloquées.

Se servir des attentats comme prétexte supplémentaire pour fermer les frontières aux migrants, qu’ils soient réfugiés politiques ou économiques, est arbitraire, ignoble, et inefficace pour empêcher les terroristes d’agir.

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