Tapie – Crédit lyonnais : les amis, les affaires, les emmerdes…30/09/20152015Journal/medias/journalnumero/images/2015/10/2461.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Tapie – Crédit lyonnais : les amis, les affaires, les emmerdes…

Un énième épisode de la saga Tapie s’est ouvert devant la cour d’appel de Paris, mardi 29 septembre. L’affairiste réclame réparation pour avoir été « abusé par l’ex-Crédit lyonnais ».

Il y a plus de vingt ans, Tapie s’était estimé grugé par le Crédit lyonnais, chargé de le conseiller dans la vente de sa société Adidas. D’après Tapie, la banque avait réalisé une énorme plus-value sur cette vente. Pour l’homme d’affaires, spécialiste du rachat d’entreprises en difficulté qu’il redressait à coups de licenciements pour les revendre ensuite à bon prix, pas question de laisser les autres empocher des milliards sans réclamer sa part. Il n’a eu de cesse de le faire depuis, en s’adressant à l’État, puisque le passif du Crédit lyonnais a été pris en charge par un organisme public.

Rappelons que dans les années quatre-vingt, couvé par Mitterrand, Tapie était devenu « homme de gauche », avant d’être nommé en 1992 ministre de la Ville du gouvernement Bérégovoy. Sa fortune écornée par la mauvaise affaire de la vente d’Adidas, il avait, quelques années plus tard, été condamné à un an de prison ferme et à l’inéligibilité pour avoir truqué le match Valenciennes – OM, alors qu’il était président de l’Olympique de Marseille.

Mais les requins ont la peau dure et Tapie avait su se refaire une santé, trouvant un nouveau copain en la personne de Sarkozy et le soutenant lors des deux élections présidentielles suivantes. Un choix judicieux semble-t-il, puisqu’en 2008, l’affaire Tapie-­Crédit lyonnais était confiée aux beaux soins d’un arbitrage privé, sur décision de Christine Lagarde, alors ministre de l’Économie. Aujourd’hui directrice du FMI, elle a été blanchie des accusations de faux et de détournement de biens publics dans cet arbitrage plus que suspect, qui accorda alors 405 millions d’euros, dont 45 pour « préjudice moral » à l’homme d’affaires.

Après l’annulation de cet arbitrage en février dernier, le pauvre Tapie, sans doute durement éprouvé, réclame donc maintenant un milliard plus vingt ans d’intérêts, soit la bagatelle de deux milliards d’euros.

Patron licencieur, aventurier et magouilleur prêt à tout pourvu que cela rapporte, cultivant les amitiés utiles à gauche et à droite, Tapie est à l’image du monde des affaires… la discrétion en moins !

Partager