Italie : surenchères xénophobes17/06/20152015Journal/medias/journalnumero/images/2015/06/2446.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Italie : surenchères xénophobes

La situation des migrants bloqués à la frontière franco-italienne, réfugiés dans les gares de grandes villes italiennes, espérant pouvoir quitter l’Italie pour le nord de l’Europe, est l’occasion pour la Ligue du Nord, parti xénophobe et raciste, de faire assaut de démagogie.

Le gouvernement Renzi demande un « changement de plan » de l’Union européenne. Il remet notamment en cause le traité de Dublin, qui impose que ce soit le pays où les réfugiés débarquent, comme la Grèce et l’Italie, qui traite les demandes d’asile.

Fragilisé par la baisse de son parti aux récentes élections locales, Renzi tente d’apparaître ni trop inhumain ni trop laxiste. Il a donc affirmé ces jours-ci que son gouvernement attribuerait des permis de séjour temporaires aux migrants, afin qu’ils puissent passer les frontières.

Mais c’est la Ligue du Nord qui saisit l’occasion pour faire assaut de déclarations contre l’immigration. Après son relatif revers électoral – elle n’est pas parvenue à percer dans le Sud du pays – elle se concentre à nouveau sur les régions du Nord où elle a confirmé sa domination. Ainsi, Roberto Maroni, gouverneur de Lombardie, a organisé une manifestation à Bergame, samedi 13 juin, pour dire « stop à l’invasion ». Alors que le gouvernement cherche à répartir les réfugiés pour éviter leur concentration en Sicile et dans les autres régions du Sud, il appelle à refuser de les accueillir et prétend même verser une « prime » aux communes lombardes qui les refusent.

Son parti a également organisé, dans plusieurs villes de Ligurie et de Lombardie, des séances publiques de signature d’une pétition demandant le statut de « réfugiés politiques pour les citoyens italiens » pour que ceux-ci puissent « bénéficier » des prétendus « avantages » perçus par les migrants.

Pour Maroni, la solution est simple : il faut empêcher les migrants d’arriver sur le sol italien, en les parquant dans des camps de réfugiés dans les pays de départ. Et s’il s’avère impossible de passer des accords avec les gouvernements locaux, comme cela avait été le cas sous Kadhafi, il propose de faire intervenir les casques bleus pour des missions de « maintien de la paix ».

Cette propagande ignoble est présentée au nom des intérêts des « citoyens », des chômeurs, des retraités, des travailleurs… et des entrepreneurs italiens, auxquels, clament les dirigeants de la Ligue du Nord, il faudrait consacrer toutes les ressources. Derrière les postures radicales et la démagogie raciste, c’est bien la même volonté de servir le patronat qu’on retrouve chez la Ligue du Nord.

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