Grèce : Tsipras, refus et… renégociation10/06/20152015Journal/medias/journalarticle/images/2015/06/greek-protest_2015.jpg.420x236_q85_box-0%2C182%2C3500%2C2151_crop_detail.jpg

Dans le monde

Grèce : Tsipras, refus et… renégociation

Le Premier ministre grec Tsipras a rejeté les propositions des Institutions européennes. Elles étaient une vraie provocation : on y trouvait une hausse de la TVA, entre autres de dix points sur l’électricité, de cinq points sur les médicaments, ainsi que l’exigence d’une baisse des pensions de retraite les plus modestes, qui passeraient de 480 à 320 euros, et un report de l’âge légal de départ.

Illustration - Tsipras, refus et… renégociation

L’Eurogroupe a formulé les propositions les plus inacceptables, celles qui touchent aux engagements de Tsipras les plus attendus par ceux qui l’ont élu. Il s’agissait pour les dirigeants européens de faire plier un gouvernement qui, malgré des reculs, refuse de renoncer ouvertement à ses engagements vis-à-vis d’une population qui le soutient encore. La réponse négative de Tsipras aux exigences des Institutions européennes a été accompagnée du refus de rembourser au Fonds monétaire international l’échéance prévue pour le 5 juin, suivi d’une demande, finalement acceptée par le FMI, de regrouper tous les paiements en fin de mois.

Tsipras a ensuite répondu le 5 juin en mobilisant son parti et l’opinion publique dans un discours à l’Assemblée, révélateur à la fois de sa détermination et de son peu de marge de manœuvre. Il a rappelé la fermeté du gouvernement négociant « debout, en préservant la sécurité du peuple grec ». Il s’en est pris aux partis de l’opposition, toujours critiques, en exigeant qu’ils osent dire ouvertement s’ils étaient prêts à accepter les propositions catastrophiques des créanciers. Face à l’opposition dans son propre parti Syriza, et à l’adresse de l’opinion publique, il a renouvelé ses objectifs de protection des retraites, de rétablissement des conventions collectives, de redistribution des revenus par davantage de justice fiscale. Mais pour cela, il ne compte que sur de nouvelles négociations avec les mêmes créanciers auxquels le gouvernement va faire de nouvelles propositions. Il compte aussi sur « le soutien du peuple grec à la ligne de négociation nationale, à l’effort titanesque accompli par le gouvernement en faveur d’une solution juste et fiable ».

Devant les pressions, Tsipras n’a pas plié. Mais avec le temps, elles vont s’aggraver et rendre sa marge de manœuvre de plus en plus étroite. Les travailleurs, les chômeurs, les classes populaires ne doivent pas se contenter de dépendre des avancées ou des reculs du gouvernement. Eux seuls sont capables de créer un rapport de force pour s’opposer aux attaques de la bourgeoisie, à commencer par la leur qui, elle, mène sa guerre pour casser les salaires et les contrats de travail. Mais cela nécessite de s’organiser, de se préparer à mener des luttes pour défendre leurs intérêts propres.

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