Safran : les débrayages continuent01/04/20152015Journal/medias/journalarticle/images/2015/04/manif_siege_Safran_Paris_26_03_2015_2.jpg.420x236_q85_box-0%2C94%2C1000%2C656_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Safran : les débrayages continuent

Depuis l’annonce des mesures salariales proches du zéro, dans l’ensemble des sociétés du groupe, des milliers de travailleurs suivent chaque semaine les appels syndicaux.

Illustration - les débrayages continuent

Jeudi 26 mars 2015, l’ensemble des syndicats appelaient de nouveau à débrayer, à la Snecma, à la Sagem, à Hispano, à Héraclès et dans toutes les autres entreprises de Safran. Deux rassemblements ont eu lieu. Un au siège Safran à Paris, l’autre à Toulouse. Le premier rassemblant environ 1 500 travailleurs, le second environ 500.

Dans les usines, de nombreux grévistes ont également déserté les lieux de travail en rentrant chez eux et certains faisant grève toute la journée. Peu de production est donc sortie ce jour-là, surtout sur les centres Snecma, Sagem et filiales.

8 000 travailleurs environ du groupe ont montré leur mécontentement. Le rassemblement à Paris était dynamique, avec huit cars de la Snecma Villaroche, six de Corbeil et quatre de Gennevilliers.

La direction, quant à elle, avait fait appel à plusieurs escadrons de CRS, ce qui a renforcé la rancœur de tous les présents. Quelques échauffourées ont même eu lieu lorsque les CRS ont cherché à repousser les grévistes avec des gaz lacrymogènes. Et, dans les cars, le retour s’est fait dans la bonne humeur et la satisfaction d’avoir crié sa colère sous les fenêtres de la direction générale.

Dans les usines, lors des appels à débrayer, les discussions sont nombreuses, même si certains hésitent encore à se joindre aux actions. Mais ce qui est notable partout, c’est le nombre important de participants et le fait qu’après plusieurs semaines la participation ne faiblit pas, bien au contraire. De nombreux jeunes ouvriers, techniciens et même des ingénieurs récemment embauchés ont envie de prendre part à la contestation.

Une revendication claire qui pourrait rassembler tous les mécontents n’a pas encore vu le jour pour l’instant, même si les discussions vont bon train sur le sujet des salaires. Le sentiment principal exprimé par ceux qui se sont mobilisés était de répliquer à la direction en lui adressant un bras d’honneur. Ils ont pu constater qu’ils étaient très nombreux à partager ce sentiment.

La direction qui entend clore les discussions n’en est pas quitte pour autant : cette semaine se décident d’autres rassemblements dans les centres, d’autres débrayages et d’autres rebondissements.

À l’usine Snecma Villaroche (Seine-et -Marne)

Dans ce centre où on conçoit et assemble les moteurs d’avion, les ingénieurs constituent la majorité des 5 000 salariés. Une partie d’entre eux a tenu à se joindre, le 26, au mouvement de protestation avec les ouvriers et les techniciens.

Le lendemain, la satisfaction d’avoir participé au rassemblement parisien était palpable, on se racontait la virée au siège et on se moquait de la direction retranchée piteusement derrière les gaz et les CRS. Les discussions vont bon train dans les ateliers et les bureaux : les propositions de la direction ne passent pas.

Lundi 30 mars, au moment où le PDG du groupe Safran est venu à l’improviste dans l’atelier du Montage, il s’est retrouvé entouré par une cinquantaine d’ouvriers. Il a essayé d’argumenter en parlant prime mais s’est vite fait rembarrer aux cris de « C’est du salaire qu’on veut, pas des primes ».

Snecma Corbeil-Essonnes

Les réfractaires à la direction générale se sont à nouveau retrouvés mardi à l’occasion d’heures d’information syndicale. La plus nombreuse a rassemblé plus de 600 personnes. Les participants, d’une part, ont solennellement exigé que la CFDT s’engage devant tous à refuser de signer les propositions de la direction, d’autre part ont voté le principe d’un nouveau débrayage pour la fin de semaine. L’idée d’un déplacement collectif vers un autre centre est dans les têtes…

Quelques échos de la journée du 26 mars dans le groupe Safran :Herakles (région bordelaise)

Il s’y cumule indignation contre les propositions salariales et inquiétude contre un projet de restructuration. Un débrayage réunissant 100 personnes a été organisé le 26 et un car complet de grévistes a fait le déplacement pour le rassemblement de Toulouse dont tous sont revenus regonflés malgré les six heures de voyage.

Labinal (région toulousaine)

Il s’agissait du deuxième débrayage. Plusieurs centaines de grévistes se sont rassemblés devant l’usine pour protester contre les « nano-augmentations » prévues cette année.

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