Au Sénat : les porteurs d’eau de Veolia et Suez04/03/20152015Journal/medias/journalnumero/images/2015/03/2431.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Au Sénat : les porteurs d’eau de Veolia et Suez

Un sénateur UMP du Val-de-Marne, Christian Cambon, voudrait autoriser à nouveau les coupures d’eau pour impayés, sauf pour les bénéficiaires d’aides sociales. Il a déposé un amendement en ce sens à la « loi sur la transition énergétique » présentée par la ministre socialiste Ségolène Royal, amendement que celle-ci a déclaré un temps soutenir, avant de se rétracter.

Les coupures d’eau sont légalement interdites depuis la loi Brottes, du nom du député socialiste qui l’avait soutenue en 2013. Cela n’a pas empêché les grandes compagnies qui contrôlent le secteur de continuer à en effectuer, tablant sur l’ignorance d’usagers pauvres qui n’avaient pas les moyens de se défendre. Deux associations ont alors victorieusement traîné en justice Veolia, la Saur et Suez environnement, ainsi que certaines régies publiques qui utilisaient les mêmes méthodes. Plutôt que de respecter la loi, les compagnies ont saisi la première occasion de la faire changer.

C’est peu dire que le sénateur qui a déposé cet amendement est très lié aux trusts de l’eau. Il est le vice-président du Syndicat des eaux d’Ile-de-France (Sedif), le plus gros contrat de Veolia en France. À Saint-Maurice, dont il est maire, son adjoint aux finances (et dauphin pressenti), est directeur des relations extérieures de la Lyonnaise des eaux (Suez) et trésorier de la Fédération professionnelle des entreprises de l’eau.

Les patrons de Suez et Veolia n’ont pas besoin d’être élus pour faire voter des lois en leur faveur. Ils ont des porte-parole pour ça.

Partager