Le seul avenir pour les postiers, c'est la lutte11/02/20152015Journal/medias/journalnumero/images/2015/02/2428.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Le seul avenir pour les postiers, c'est la lutte

La direction de La Poste se félicite d'avoir obtenu ces derniers jours la signature des syndicats à tout ou partie des trois accords nationaux qu'elle leur proposait : sur l'évolution professionnelle, l'organisation du travail, l'évolution des grilles indiciaires ainsi que la modification d'une prime mensuelle... Tout cela en même temps qu'elle intensifie ses plans massifs de suppressions d'emplois.

En septembre 2014, elle avait présenté une première fois aux syndicats cet accord pompeusement nommé « un avenir pour chaque postier ». II avait été rejeté à l'époque par la CGT, SUD et FO. La Poste avait dû remballer cet accord approuvé uniquement par des syndicats minoritaires, CGC, UNSA, CFTC et CFDT. Le refus de signer des directions syndicales était apparu à l'époque comme un refus des attaques de La Poste, des suppressions d'emplois et des réorganisations incessantes dans tous les secteurs.

Quelques mois plus tard, la seule nouveauté a été les élections professionnelles. Parmi les syndicats minoritaires, la CFDT a augmenté son score, et ensemble les syndicats minoritaires passent la barre des 30 %, le seuil minimum prévu par la loi pour pouvoir signer des accords. Naturellement, la direction de La Poste a saisi l'occasion et a donc représenté le même accord, cette fois divisé en trois volets. Le seul petit changement a été la suppression d'une seule mesure, celle qui prévoyait, en cas de réorganisation, de pouvoir muter d'office des postiers au-delà de 30 km. Mais elle maintenait tous ses plans de restructurations et de suppressions d'emplois en cours...

Du coup, le petit radicalisme qui s'était exprimé quelques mois plus tôt, avec le refus de cautionner la direction de La Poste de la part de la CGT, de FO et de SUD, fut remisé au placard. Tous les syndicats sans exception ont tenu à apparaître comme des organisations « responsables », soucieuses d'entretenir leur image de partenaire social. Cette fois-ci, aucun n'a voulu risquer de ne « pas en être » et ils ont pu tous apposer leur signature, grâce à la facilité offerte par la division de l'accord en trois parties. Ainsi, FO et la CGT n'ont signé que deux accords sur trois, et SUD un seul. La fédération CGT de La Poste a même osé parler « des avancées obtenues dans des négociations difficiles », ou comment présenter une reculade comme une avancée.

Même si la direction de La Poste peut être satisfaite d'avoir réussi son coup, elle n'arrivera pas à faire oublier l'offensive qu'elle mène contre tous les postiers, et qu'il leur appartiendra de mettre en échec par leurs seules luttes.

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