SKF, Saint-Cyr-sur-Loire : Des restructurations ? Non, des licenciements inacceptables !28/01/20152015Journal/medias/journalnumero/images/2015/01/2426.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

SKF, Saint-Cyr-sur-Loire : Des restructurations ? Non, des licenciements inacceptables !

La direction du groupe SKF France met en oeuvre depuis un an un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) qui, selon l'usage patronal, est en fait un plan de suppressions d'emplois impliquant des licenciements. Cet accord a été signé en février 2014 par trois syndicats (CFDT, FO et CFE-CGC), la CGT ayant refusé de donner son aval.

Il s'agit de regrouper sur le site de Saint-Cyr-sur-Loire des activités de production ou de services qui étaient basées à Montigny-le-Bretonneux, Dunkerque ou Saumur, dans le groupe SKF France lui-même ou dans des filiales (Vogel, Economos). Il s'agit aussi de la cessation de l'activité de production de l'atelier des composants à Saint-Cyr, entraînant la suppression de 93 postes.

Un an après l'accord, de nombreux travailleurs sont d'ores et déjà licenciés : ceux dont l'emploi a été supprimé à Montigny, Dunkerque ou Saumur, et qui n'ont pas accepté de déménager en Indre-et-Loire. Le PSE prévoit des aides et indemnités dérisoires dans leur cas. Certains travailleurs de Montigny ont choisi de déménager et sont arrivés en Touraine pour suivre leur poste de travail. Mais le PSE ne leur garantit un emploi que pour une durée de dix-huit mois. C'est dire le choix qu'ont eu ces travailleurs !

À Saint-Cyr, la direction prétend vouloir ne licencier personne. Elle a pourtant prévu que la plus grande partie de la centaine d'intérimaires présents en moyenne sur le site, intérimaires qu'elle semble considérer comme quantité négligeable, ne verront pas leur contrat renouvelé.

Quant aux travailleurs des Composants, des redéploiements au sein de l'usine dans les différents ateliers devraient permettre à la plupart d'entre eux de ne pas perdre leur emploi. Cependant, pour ceux qui n'ont pas encore pu trouver un nouvel emploi à l'usine de Saint-Cyr, la liste des propositions faites par la direction inclut de nombreux CDD et un grand nombre de postes situés aux quatre coins du pays, de Valenciennes à Chambéry, en passant par Lons-le-Saunier ou Valence... et même à l'étranger.

Certains travailleurs ont obtenu une mutation sur un poste délocalisé en Indre-et-Loire. Ils ont eu le désagrément de se rendre compte qu'en l'acceptant ils allaient remplacer d'autres travailleurs, de Dunkerque ou de Montigny, le plus souvent licenciés ... et devant cependant former les Tourangeaux durant plusieurs semaines, pour qu'ils puissent occuper leur propre poste de travail.

Aux Composants, alors que les presses ont commencé à partir, pour les quelques dizaines d'ouvriers qui restent à l'heure actuelle sans solution, la crainte d'être licencié est tout à fait fondée. D'autant que le PSE prévoit bien des licenciements, avec possibilité d'accès à une cellule de reclassement durant six mois. D'ici l'été, le plan de la direction entrera dans sa dernière phase : à partir de juillet, tous ceux qui n'auront pas trouvé un poste par mutation interne seront au fur et à mesure mis à la porte. En attendant, la direction évite bien d'en faire la publicité, tandis que les syndicats signataires, qui participent une ou deux fois par mois à des réunions de suivi du PSE, se font eux aussi silencieux.

Voilà comment, au prix d'une productivité maintenue ou en hausse, avec des effectifs qui diminuent et des pressions accrues sur les travailleurs, qu'ils soient ouvriers ou cadres, SKF, qui se porte très bien, dégage d'importants profits pour ses actionnaires.

À défaut d'avoir pu engager la lutte pour contraindre la direction à maintenir emplois et salaires, inutile de dire que, dans les ateliers, les arguments patronaux qui servent à justifier les licenciements, sous prétexte que tout le monde serait dans le même bateau, ne convainquent personne.

Lorsque la direction a annoncé 0,5 % d'augmentation sur les salaires, cela a été pris comme une provocation et jeudi 22 janvier, dans les différentes équipes (celle de nuit d'abord puis en journée), des travailleurs ont spontanément débrayé pour protester. À la suite du débrayage, une intersyndicale s'est formée et une suite doit être donnée mercredi 28, à l'occasion d'une autre réunion de négociations sur les salaires.

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